Cyberliberté et droit fondamental23/09/2022Editorial



L’article L 111-1 du code de la sécurité intérieure dispose « La sécurité est un droit fondamental et l'une des conditions de l'exercice des libertés individuelles et collectives ».
Ce droit fondamental existe-t il vraiment dans un monde toujours plus connecté et immatériel ?
Nous sommes quotidiennement informés de nouvelles fuites de données et de ransomware.
On pourrait estimer, de manière simplement comptable, que les chiffres représentent peu de délits face à une délinquance dite « classique ».
Cela serait néanmoins oublier que chaque attaque génère plusieurs victimes ( entités et personnel paralysé dans son activité, fuite d’un fichier et de données bancaires de milliers d’internautes…).
Comment des lors vivre dans un monde ultra connecté dont l’atteinte à ses libertés ne devient plus un aléa mais une simple question de temps ? Le jumeau numérique annoncé par le Metaverse nous amène d’autant plus à devoir nous assurer d’un jumeau juridique préservant nos libertés.



Mathieu MARTIN
Avocat Associé

La Liberté de redevenir intelligent !16/09/2022Editorial




Sommes-nous condamnés à la bêtise ?
La période de vacances estivales achevée, la rentrée devrait être signe de nouveaux projets, de nouvelles envies, d’efforts à entreprendre, de curiosités à assouvir.
Malheureusement, mus par la volonté de créer le buzz, de concourir à la phase la plus inepte, à la déclaration la plus stupide, d’être le premier à, celui qui, …nous mettons trop souvent de côté le nécessaire temps de réflexion qui doit gouverner nos actions pour privilégier l’agitation vaine.
Chaque sujet est matière donc à réflexion.
Mais chaque réflexion doit être nourrie par une pensée intelligible.
Ceci nous permet de la confronter ensuite à la contradiction et pour le cas échéant, faire évoluer, ajuster notre réflexion, pour tendre vers l’intelligence collective.
Or, sur des sujets aussi fondamentaux que l’environnement, l’économie, le travail, la sécurité, la santé, la justice, les enjeux numériques, les relations internationales, et tant d’autres encore, la liste étant inépuisable, la réflexion est réduite à la portion congrue face à l’injonction de l’immédiateté.
Quel anachronisme alors de voir une nation entière prendre le temps d’honorer son éminente représentante, des entreprises stopper leurs activités pendant plusieurs jours par signe de respect, des citoyens se recueillir sans compter les heures, …
Il s’agit là de reconnaitre un moment historique et de le mesurer dans tous ses aspects en faisant preuve d’intelligence et du bon sens qui en est son corollaire.
Alors, courage, ne cédons pas à la bêtise et ne renonçons pas à poursuivre nos envies, à exprimer nos convictions, avec force et passion.
Comme le disait Albert Camus « On se fatigue de voir la bêtise triompher sans combat ».
Il nous reste encore la liberté de redevenir intelligent.


Olivier COSTA
Avocat Associé

Li(b)re08/07/2022Editorial


Lire est un acte de liberté !
Liberté de s’oublier pour mieux se retrouver.
Liberté de partager pour mieux s’identifier.
Liberté d’aimer pour ne pas souffrir.
La lecture accroit notre pensée et développe notre
sensibilité.
Mais elle est aussi matière, car elle nous fait aussi voir,
sentir, toucher.
Elle est mémoire en ravivant notre passé.
Elle est futur en aidant notre imaginaire.
Elle est présent pour nous faire exister.
« Si chaque Homme ne pouvait pas vivre une quantité
d’autres vies que la sienne, il ne pourrait pas vivre la
sienne » a dit Paul VALERY.
C’est la littérature qui nous rend multiple et nous permet
de mieux vivre la vie que nous menons.
Pour mieux vivre il nous faut d’abord rêver, rêver de
l’autre, rêver d’être l’autre.
Un livre nous permet d’être elle ou lui pour mieux être
soi.
Et il n’y a pas de liberté sans livre, car « chaque grande
œuvre rend plus admirable et plus riche la face
humaine » a dit Albert CAMUS.
Alors crions, hurlons : Vivre Livre !

Yves BISMUTH
Avocat Fondateur

La liberté de juger01/07/2022Editorial


149 jours d'audience, 20 accusés, 9 magistrats, 3 avocats généraux, 330 avocats, 2 578 parties civiles, 53 mètres linéaires de dossiers pour un million de pages !
Le procès des attentats du 13-Novembre, qui s'est ouvert le 8 septembre dernier devant la Cour d'assises spéciale de Paris et qui s’est clos par un délibéré rendu le 29 juin 2022 est la plus grande audience criminelle jamais organisée en France et la plus longue dans sa durée.
Que nous enseigne ce procès ?
C’est que, comme l’a si parfaitement exprimé l’une des parties civiles, « la France est à l’image de ce qu’elle est, une force, une puissance et qu’elle allait répondre en droit ».
Nous pourrions ajouter que sans institution judiciaire forte, il n’existe pas de démocratie.
Car en effet, c’est uniquement dans un Etat de droit qu’il est institué des juges, dotés du pouvoir de rendre la justice pour trancher des litiges.
Mais ce procès exceptionnel dont il faut se féliciter pour et par sa tenue, ne doit pas devenir l’alibi de la justice.
Cette dernière est également fondamentale pour traiter des vices et vertus de l’Homme dans toutes les matières, quels qu’en soient les enjeux, et à chaque instant de notre quotidien.
La Justice ne peut choisir ce qu’elle juge, elle doit tout juger.
C’est ainsi que se mesure le niveau de Liberté de l’Etat au nom de laquelle elle est rendue.
Alors comment accepter des décisions rendues de trop nombreuses années après les faits ?
Comment accepter des jugements qui ne connaitront jamais d’exécution ?
Comment accepter des audiences renvoyées par manque de juges ou de greffiers ?
Si la France veut véritablement être une force, une puissance et répondre en droit, elle doit s’en donner les moyens et faire de la justice le pilier de la démocratie.
N’oublions pas ce qu’est une société sans justice.
L’Histoire a sans cesse démontrée que lorsque la justice n’est pas exercée, partout, tout le temps et pour tous, la démocratie s’étiole jusqu’à en perdre la liberté qui est son souffle.
Comme le disait Montesquieu : « Il faut éclairer l'histoire par les lois et les lois par l'histoire. »

Olivier COSTA
Avocat Associé

Jean Paul SARTRE au firmament ?24/06/2022Editorial


En 1973, Jean Paul SARTRE écrivait un texte dénommé « Élections, piège à cons ». Il semble qu’il s’agisse d’un philosophe fort lu eu égard au taux de participation lors des dernières élections législatives. Nombreux seraient les révolutionnaires de 1789 (eux se battaient pour obtenir des libertés fondamentales…) surpris de découvrir comment l’article 6 de la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen est tombé en désuétude. Ce texte est pourtant d’une portée inestimable : « La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation ». Rappelons que suivant la Constitution, le Parlement vote la loi, l’Assemblée nationale, expression de la représentation nationale au suffrage directe en constituant le premier piler, l’autre étant assuré par le Sénat. Comment donc légitimer désormais toute action d’une Assemblée dont moins d’un citoyen sur 2 lui a accordé son vote ? Et comment contester la légitimité de cette Assemblée alors que chacun était libre ou non de voter ? Mais ne désespérons pas, comme nous le rappelle l’écrivain Paul CARVEL, loin de nous la dictature, nous sommes bien en démocratie : « Dictature : pays où les citoyens veulent voter mais ne peuvent pas. Démocratie : pays où les citoyens peuvent voter mais ne veulent pas ».

Mathieu MARTIN
Avocat Associé

Le vrai prix de la Liberté03/06/2022Editorial


Les jeunes générations européennes découvrent avec horreur ce qu’est la guerre en Europe.
Ces dernières décennies nous ont habitué au confort de la Liberté, mise à disposition, sans lutte, sans souffrance, au risque de la considérer comme un acquis parmi tant d’autres et ainsi de la galvauder.
Et pourtant, quelques lectures, quelques efforts à travers les souvenirs, l’histoire, pas si lointaine, permettent aisément de comprendre le vrai prix de la Liberté.
L’année 2022 sert de cadre au 35ème anniversaire du procès Barbie.
Le 11 mai 1987, le procès de Klaus Barbie débutait au palais de justice de Lyon.
Il allait s’achever le 4 juillet, avec la condamnation à perpétuité du « boucher de Lyon » pour crimes contre l’humanité.
La seconde guerre mondiale, en espérant qu’elle ne soit jamais un jour qualifiée de deuxième, a débutée il y a 83 ans.
Il a fallu près de 40 ans après son issue, pour qu’un procès se tienne en France pour ranimer la mémoire des Français et libérer la parole.
Sur le conflit en cours en Ukraine, faudra-t-il attendre, tout d’abord sa fin incertaine, puis encore 40 années, avant de rappeler le vrai prix de la Liberté ?
Le procès Barbie nous a appris l’importance de la parole, plus particulièrement celle des femmes meurtries physiquement et éprouvées par la perte de leurs proches, conjoints et enfants.
La Russie a légiféré pour la suppression d'une limite d'âge pour s'engager dans l'armée.
Les ukrainiens sont réquisitionnés.
Faudra-t-il donc encore interroger les femmes dans 40 ans pour rappeler quel est le vrai prix de la liberté ?

Olivier COSTA
Avocat Associé

Liberté, liberté flétrie !20/05/2022Editorial


Sommes-nous encore plus fatigués d’être libres ?
La COVID nous a épuisé collectivement et pourrait nous avoir fait perdre toute altérité et la conscience de l’obligation vitale de préserver nos libertés d’agir et de penser.
Seule l’information nous fait parfois sortir de nous-mêmes et alors, presque contraints, nous regardons les difficultés auxquelles nous sommes confrontés et le malheur des autres comme des faits divers !… et nous nous rassurons aussitôt… puisque de « toute manière on ne peut rien faire » !
Notre impuissance devient une explication de circonstance, une justification pour ne pas agir.
Or la liberté se doit de combattre l’adversité car , sans quoi , elle n’est plus, et perd tout son sens, puisque elle se trouve alors réduite au renoncement.
Dans l’Etre et le néant, Jean-Paul Sartre nous apprend que c’est en surpassant et en surmontant les dangers que nous parviendrons à exprimer notre réelle liberté.
Or il est vrai, comme il l’a si bien été dit que nous sommes en train de traverser les difficultés et les malheurs de la vie comme des somnambules, sans même craindre ni vouloir sortir de ce sommeil si confortable.
Et nous attendons… Partagés entre la torpeur et la peur d’avoir tort, qui nous paralyse, puisque quelques minorités veulent imposer leurs lois pour qu’elles deviennent celles de tous…
Qu’est ce qui nous sortira de cette apathie, de cet engourdissement, que nous trouvons satisfaisant,  quand bien même si nous réalisons parfois qu’il est nuisible.
Devrons-nous nous confronter à un effondrement total pour nous retrouver un avenir ?
A ce point n’avons-nous rien appris du passé ?
Tocqueville craignait déjà que la Démocratie fasse renoncer les Hommes aux actions à risque.
Nous sommes devenus spectateurs de ce qui nous entoure sans vouloir ni en mesurer les conséquences, ni exercer notre liberté, prêts que nous sommes à substituer l’action à la soumission.
Et sans action, comme la fleur privée d’eau, nous acceptons que nos libertés se fanent !
L’inaction comme refuge de notre bien être est devenu notre manière d’être !
Le réveil sera brutal !
« Il faut choisir : se reposer ou être libre » Thucydide.


Yves BISMUTH
Avocat Fondateur

Pépiement : tout le monde peut-il piailler ?13/05/2022Editorial


Elon MUSK, qui a proposé le rachat de Twitter (suspendu à date !), a indiqué que la liberté d'expression (« free speech ») est essentielle au bon fonctionnement d'une démocratie.

On ne peut qu’adhérer à une telle déclaration. Encore faut-il cependant vérifier dans quel cadre légal s’inscrit ce principe. En effet et s’agissant de Twitter aux Etats-Unis, deux règles accompagnent ce principe : le 1er Amendement sur la liberté d’expression mais aussi la possibilité pour une entreprise privée de fixer des règles de modération (ou non, ce que laisserait entendre Elon MUSK).

Qu’en serait-il pour la France ? Le droit fondamental de la liberté d’expression est rappelé par l’article 11 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement » mais une limite y est apportée : « sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi principe ». C’est d’ailleurs cette limite que vise aussi le prochain Digital Service Act au niveau européen.

Bref, oui au tweet tant que cela demeure du domaine du gazouillis.

Mathieu MARTIN
Avocat Associé

Vol de nuit06/05/2022Editorial


Il fut un temps où l’aviation était le symbole de l’aventure humaine.
Un temps où les hommes n’hésitaient pas à prendre des risques inimaginables pour permettre à d’autres hommes de maintenir le lien et le fil de l’humanité à travers des dizaines de milliers de kilomètres.
Un temps, comme l’a dit le Poète, où les hommes avaient conscience que « si la vie humaine n’a pas de prix, ils agissaient toujours comme si quelque chose dépassait, en valeur, la vie humaine. »
Il fut un temps où les enfants rêvaient de s’envoler vers l’astéroïde B612.
Un temps où l’on ne voyait bien qu'avec le cœur, l'essentiel étant invisible pour les yeux.
 
Et il est un temps où l’aviation devient symbole de l’apocalypse.
Un temps où les hommes ont développé une intelligence artificielle à la puissance sans limites qui leur a fait oublier leur propre intelligence.
 
Que s’est-il passé pour que l’Homme perde à ce point sa boussole en moins d’un siècle pour retrouver la stratégie guerrière ?
Que s’est-il passé pour qu’il oublie à ce point son passé récent pour brandir la menace nucléaire, en oubliant que l’atome devait servir à soigner ?
 
Il est encore temps de ne pas oublier ce qu’est l’Humanité.
Il est encore temps que les enfants n’aient plus a subir le feu du ciel, et restent des Petits Princes pour n’y voir, la nuit, que des étoiles !


Olivier COSTA
Avocat Associé

Bond en avant !29/04/2022Editorial


Demain ne meurt jamais !
Mais c’est dès aujourd’hui qu’il nous faut repenser la société et les relations internationales.
Il y a 60 ans déjà que nous avons décidé d’élire le Président de la République au suffrage universel.
Est-ce à dire que nous devrons dorénavant être au service de sa majesté ? Cette opération Tonnerre que nous vivons dans le spectre de la guerre nous fait nous interroger sur les bons baisers de Russie. Certes pourrait-on dire on ne vit que deux fois, ou bien que les diamants sont éternels, mais pourra-t-on longtemps vivre et laisser mourir ? Tuer n’est pas jouer, et il est monstrueux de dire à l’autre meurs un autre jour ou que mourir peut attendre.
Pourra-t-on encore, comme dans un casino royale, continuer de jouer avec celui qui, excusez-moi du peu, s’est arrogé le permis de tuer en étant dangereusement vôtre ?
Ne doit-on pas s’interroger sur cet homme,  à qui semble-t-il le monde ne suffit pas et qui est loin d’avoir trois cœurs comme un octopussy ? Celui qui était l’espion qui m’aimait, disait notre Président, nous a tous trompés.
Il n’est pas l’homme au Goldfinger, il est plutôt l’homme au pistolet d’or.
Et pourtant celui à qui on a pu dire : rien que pour vos yeux ne songe qu’à créer un Skyfall…. et on peut même s’interroger sur sa volonté de maitriser aussi l’espace jusqu’à vouloir devenir un moonraker.
Alors oui ayons le courage de dire : jamais plus jamais !.. Mais il nous faudra aussi un énorme Quantum of Solace, 60 ans après notre referendum et 60 ans après le Fameux : Je m’appelle Bond… James Bond , pour dire à cet homme au GoldenEye….
Docteur… No !! 


Yves BISMUTH
Avocat Fondateur

Parrainage22/04/2022Editorial


Le filtre des parrainages, selon les objectifs de la loi, vise à éviter des candidatures trop nombreuses à l'élection présidentielle et d’écarter les candidatures fantaisistes ou de témoignage. Objectif qui peut s’avérer louable bien qu’arbitraire car comment préjuger d’une candidature fantaisiste ou d’un excès de choix ?

Il reste que l’on peut se demander si le mécanisme de parrainage remplit encore pleinement ses objectifs au regard des résultats du scrutin des élections présidentielles de 2022. En effet, et sans aucune approche partisane, un simple constat arithmétique permet de relever que deux des trois candidats ayant obtenu le plus de parrainages n’ont pas recueilli 5% des votes, et que 3 candidats, dont les chances de déposer leur candidature semblaient compromises, vu leur difficulté d’obtenir des parrainages, sont finalement ceux, à l’exception du Président sortant, à avoir obtenu le plus de voix d’électeurs. Peut donc se poser une question de savoir si ce « filtre » initial de parrainage ne remet pas en cause le principe même du suffrage universel.

Rendez-vous en 2027 pour la réponse .



Mathieu MARTIN
Avocat Associé

Parti prix15/04/2022Editorial


Au-delà des partis pris, la démocratie a un prix.

Le résultat du premier tour des élections présidentielles a ainsi rappelé que l’exercice de la démocratie a un coût.
Un coût pour le citoyen qui y contribue à travers le financement public des campagnes électorales.
Et un coût pour le candidat qui soumet sa candidature à nos suffrages en faisant appel au financement privé.

Alexis de Tocqueville dans son ouvrage « De la démocratie en Amérique » a parfaitement décrit la passion qui émerge lors des élections, lorsque « les intrigues deviennent plus actives, l’agitation plus vive et plus répandue. Les citoyens se divisent en plusieurs camps, dont chacun prend le nom de son candidat. La nation entière tombe dans un état fébrile, l’élection est alors le texte journalier des papiers publics, le sujet des conversations particulières, le but de toutes les démarches, l’objet de toutes les pensées, le seul intérêt du présent ».

Mais après, qui paye ? Ou plutôt mais avant, qui a payé ?

Il existe en France un cadre strict qui permet d’encadrer les dépenses électorales et les dons aux partis politiques. A l’inverse, aux Etats-Unis où le financement public est des plus réduits, les dépenses sont sans limites et atteignent des milliards de dollars en faisant appel au financement privé.
La difficulté réside donc dans le fait de trouver en amont des financements pour les campagnes électorales, qui peuvent être constitués d’apports personnels, de dons et de recours à l’emprunt.
Le cadre juridique français prévoit que, même si le candidat est soutenu par un parti, c’est à titre personnel qu’il engage ses dépenses électorales. Dès lors, la barre fatidique des 5 % prend toute son importance.
En dessous de ce seuil, le candidat n’est pas éligible au remboursement par l’Etat du forfait de 47,5 % du plafond fixé pour le premier tour à environ 17 millions d’euros, ce qui représente 8 millions d’euros.

Si le système a le mérite d’éviter les candidatures fantaisistes, il peut être un frein pour les vocations sincères contrariées pour des raisons financières. La démocratie risque alors d’être confisquée par les thuriféraires du financement privé.
La question du financement des campagnes électorales dépasse les seules considérations pécuniaires. Elle influe profondément le modèle démocratique.

Une société libre doit accepter de payer pour que la démocratie puisse s’exprimer.


Olivier COSTA
Avocat Associé

Droit et devoir08/04/2022Editorial


En cette période électorale, se pose à nouveau la question d’une obligation ou non de voter. Rappelons que la possibilité de voter est un droit, tel qu’évoqué par l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Un droit est donc, par construction, une possibilité de s’en prévaloir, mais non une obligation, ce droit pouvant d’ailleurs connaitre des exceptions (privation de droits civiques).
Les cartes d’électeurs comportent la mention suivante « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique ».
Revient donc, à côté de ce droit, une approche quasi morale et a minima « civique » de voter. Ici, n’est plus visé le droit en lui-même, mais une certaine obligation/devoir de s’en prévaloir. Or, la loi ne saurait sanctionner un simple devoir, même civique. Le Citoyen reste donc libre de voter ou non. Reste néanmoins une interrogation : devons-nous considérer comme non « civique » une personne qui ne vote pas ?

Mathieu MARTIN
Avocat Associé

BISMUTH Avocats, primé au 10ème Palmarès du Droit Paris 202201/04/2022Editorial


Au mois de mars 2022, le Palmarès du Droit a fêté ses 10 ans !
Pour cette édition anniversaire, BISMUTH Avocats a sollicité vos suffrages pour concourir au classement des meilleurs Cabinets d’Avocats français de moins de trente avocats, en matière de Droit de la Distribution.
Le Droit de la Distribution régit les relations entre les acteurs économiques qui œuvrent à la production et à la commercialisation d’un produit. Il encadre les pratiques contractuelles liant les fournisseurs, les producteurs, la grande distribution, les franchiseurs et les franchisés, les grossistes et les détaillants.
BISMUTH Avocats est très heureux de vous annoncer qu’il a été primé au Palmarès du Droit 2022 dans la catégorie Distribution.
Cette récompense nous honore et nous oblige, nous vous la devons !
BISMUTH Avocats vous remercie très chaleureusement pour vos votes de soutien et votre confiance renouvelée.

Et ce n’est pas un poisson d’avril, la récompense a été attribuée le 29 mars dernier !


Olivier COSTA
Avocat Associé

Vacarme !25/03/2022Editorial


Pourrons-nous continuer de vivre dans le vacarme qui nous entoure en s’obligeant à le nier ?
Allons-nous continuer à renoncer à entendre ce bruit assourdissant ?
Vacarme de la guerre, vacarme de la maladie, vacarme économique, social, culturel et écologique, vacarme d’une interrogation sur la démocratie et notre civilisation. 
Et face à ces vacarmes qu’en est-il de notre pensée et de notre volonté ? 
Au même moment où nous semblions fatigués de la liberté, d’autres meurent pour la conquérir. 
Au même moment où une Nation se bat pour le rester, d’autres envisagent chez nous de la disloquer. 
Au même moment où nous nous interrogeons sur notre identité le peuple d’à côté accepte la mort pour la préserver. 
Au même moment où  le patriotisme se révèle dans un pays envahi, nous l’exerçons par procuration, avec ce sentiment étrange de l’avoir perdu pour nous-mêmes. 
Alors, bien que nous agitions en permanence le drapeau de la liberté, allons-nous accepter de l’oublier pour mieux égoïstement nous protéger ?
Allons-nous par déni de la réalité demeurer aveugles devant les problèmes et enjeux vitaux auxquels nous sommes et allons être confrontés ?
Pour nous abriter du vacarme devrons-nous continuer de rester sourds par confort ou lâcheté ?
Ces vacarmes sont une alerte, la liberté ne peut s’exercer sans fierté, volonté et courage.
C’est à ce prix, et à ce prix seulement, qu’on la mérite !

« Celui qui n’approuvait pas, il pouvait souvent se taire, ou parler d’autre chose. Aujourd’hui tout est changé. Le silence même prend un sens redoutable. » - Albert CAMUS.


Yves BISMUTH
Avocat Fondateur

L'équité n'est pas l'égalité18/03/2022Editorial


Certains se sont émus du récent débat télévisé sur les élections présidentielles où certains candidats n’avaient pas été conviés (4 sur 12). L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) née de la fusion du CSA et de l’HADOPI, nous rappelle cependant qu’à ce stade de la campagne présidentielle, un principe d’« équité renforcée » (l’équité aurait donc différents degrés ?), fondé notamment sur une représentativité des candidats, doit être respecté et non un principe d’égalité entre candidats. L’égalité entre candidats ne sera applicable que lorsque la campagne électorale proprement dite aura commencé, soit le 28 mars. Mais est-ce possible de respecter l’égalité lorsque certains ont initialement bénéficié d’une simple équité, même « renforcée » ? Vaste débat qui peut agiter notre démocratie même si Victor Hugo écrivait « la première égalité c’est l’équité ».

Mathieu MARTIN
Avocat Associé

Libertés H11/03/2022Editorial


Liberté, Propriété, Sanctionnés !

Depuis quinze jours, nous assistons avec sidération, à un bouleversement majeur en Europe.

L’un de ses effets a été d’aboutir à un consensus européen sur les sanctions économiques infligées à la Russie.

L’instauration de sanctions, ayant pour corollaire une privation des libertés, ne peut se faire que dans un cadre juridique établi par le Droit, en tentant d’en minimiser les effets collatéraux.

Si les rétorsions commerciales dans un conflit armé existent depuis l’Antiquité comme l’a décrit Thucydide dans La Guerre du Péloponnèse, le caractère inédit des sanctions prises contre la Russie réside dans le cumul entre les mesures prises par les Etats et les initiatives d’entreprises privées, et ce sous la pression constante de l’opinion publique.

L’illustration parfaite en est la volonté désormais assumée par le gouvernement britannique de sonner la fin de Londongrad.

Le club de football de Chelsea vient d’en faire les frais. Sa vente a été suspendue, les droits télévisés et les recettes de billetterie sont gelés, le merchandising a été suspendu, les boutiques fermées, les dépenses plafonnées, ce qui en l’état est l’annonce d’une prochaine liquidation du club entrainant la perte de leur emploi pour des centaines de salariés et une baisse d’activité considérable pour des centaines de prestataires.

Si le bien fondé des sanctions n’est pas à remettre en cause, et si le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est fondamental, il est important de mesurer les conséquences induites sur le plan des libertés, telles que celles de se déplacer ou de travailler et sur le plan des atteintes au droit de propriété.

Le Droit n’a alors pas seulement pour objet de réglementer les relations entre les Etats, les individus et les personnes morales, mais il doit veiller à ne pas générer d’injustices.

Il est probable qu’au-delà des annonces qui poursuivent l’objectif stratégique de fédérer les russes contre leur chef d’Etat, de nouvelles règles juridiques seront prises pour corriger les effets des sanctions à l’égard des personnes et entreprises européennes qui seront impactées économiquement de manière collatérale.

Cela implique une réflexion globale, n’oublions pas en effet que les personnes aujourd’hui sanctionnées ont pu accumuler des avoirs phénoménaux grâce à la mondialisation des systèmes juridiques, bancaires et fiscaux.

Au-delà de la légitime émotion ressentie et de la nécessaire action menée, il sera temps alors de réfléchir au sens que nous souhaitons donner au droit économique.

Olivier COSTA
Avocat Associé


Libertés H25/02/2022Editorial


droit et Droit

Les derniers événements concernant l’Ukraine nous amènent à rappeler certains principes fondamentaux devant régir le Droit international. Ainsi l’article 2 4) de la Charte des Nations unies dispose : “Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies”. On ne peut dès lors que s’interroger sur la sécurité juridique qu’apportent les traités ou conventions internationales si leur adhésion n’implique pas leur respect. “Le droit est le souverain du monde” disait Mirabeau. Gageons qu’il continue à avoir raison.


Mathieu MARTIN

Libertés H18/02/2022Editorial


Porter aux nues !

L’Académie des beaux-arts, vénérable institution artistique créée en 1816, digne héritière des Académies royales de peinture et sculpture, de musique et d'architecture fondées au 17ème siècle, a publié sur les réseaux sociaux un communiqué de presse pour dénoncer la censure des « nus ».
Le débat ne porte pas ici sur la liberté de s’afficher ou non de manière dénudée dans l’espace public mais sur la liberté pour une œuvre d’art d’être portée aux nues.
Rappelons que cette expression qui date du 18ème siècle, fait références aux nuages auparavant désignés sous le terme de nues.
Porter une œuvre aux nues, c’est la placer très haut, c’est l’admirer après l’avoir mise sur un piédestal.
Certains réseaux sociaux mettent à mal notre liberté de porter aux nues certaines œuvres au motif qu’elles comporteraient des représentations de nus.
S’il est évidemment nécessaire d’assurer une légitime protection face à une diffusion incontrôlée d’images de personnes dénudées, notamment auprès des plus jeunes, la position des entreprises toutes puissantes du numérique telles que Facebook ou Instagram interroge.
Ce n’est certes pas pour des raisons technologiques que la censure des nus est opérée. Il serait trop facile de mettre en avant les limites de l’Intelligence artificielle qui n’est que l’émanation de l’intelligence humaine.
Alors qu’en est-il ?
Est-ce par paresse, refus de l’intelligence qui demande de l’exigence, lâcheté, peur de déplaire à certains, fausse pudibonderie basée sur le wokisme, qu’elles dissimulent les représentations artistiques qui font partie de notre patrimoine culturel ?
Avons-nous à ce point perdu toute mesure, tout bon sens, tout discernement, tout goût pour la subtilité et la nuance, tout esprit critique, tout attachement au sens et à la portée des œuvres artistiques, pour ne plus être capable de différencier entre une œuvre d’art, expression d’un artiste qui veut faire passer un message, et des contenus sexuellement explicites ?
Si l’on est libre de ne pas aimer L’origine du monde de Courbet, La liberté guidant le peuple de Delacroix, ou le Nu couché de Modigliani, il est indispensable pour la sauvegarde de la curiosité, de l’éveil intellectuel et artistique, de ce qui fait nos démocraties et nos sociétés, de conserver la liberté de les exposer.
Et pour tous ceux qui admirent ces œuvres parmi tant d’autres, faisant du nu un genre artistique à part entière, et ce depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, il faut continuer de les porter aux nues !

Olivier COSTA

Libertés H11/02/2022Editorial


Plaidoyer pour la contrainte…

Le refus du complexe a de nos jours comme corollaire de vouloir agir selon notre propre volonté sans contrainte.
Ainsi d’aucuns considèrent que l’autorité de l’État s’oppose à la liberté, laquelle doit, pour s’exercer, n’avoir aucune contrainte. S’instaure alors, par ce refus de la contrainte la pensée, malheureusement partagée, que la loi n’étant que contrainte, le droit ne peut s’imposer à tous.

Cette conception prône une liberté sans contrainte, qui serait la seule expression véritable de la vie, et que de ce fait toute restriction, quelle qu’elle soit,  qui s’oppose à la réalisation de sa volonté, doit être considérée comme une atteinte à la liberté. Et ce faisant la loi qui, de par sa nature, impose la contrainte ne doit donc plus être respectée.

Davantage encore, la règle juridique qui recèle en elle-même la contrainte, ne doit pas être tolérée, et son nécessaire pendant : la sanction qui en découle, doit être combattue.

Mais il nous faut le rappeler : la règle juridique a ceci de spécifique, contrairement aux règles morales ou religieuses, que la sanction relève de l’État.

Ainsi sous couvert de refuser la contrainte, en réalité, c’est l’État démocratique que l’on déni.

Or cet Etat, sauf a vouloir faussement le travestir, garantit les libertés pour tous et les droits de chacun, et ce, grâce a son pouvoir légitime de contrainte.

Ceux qui refusent ainsi toute contrainte feraient bien d’y réfléchir !

Mais il est vrai que la démagogie ambiante ne s’y prête pas… Pour autant n’oublions pas que la liberté peut mourir à ne pas vouloir la défendre, mais aussi à le faire mal croire.

Yves BISMUTH

Libertés H28/01/2022Editorial


2022 : avec raison cela sera encore mieux !


« Je crois que l'avenir de l'humanité est dans le progrès de la raison par la science » nous dit le Docteur Pascal d’Emile ZOLA. Pourrions-nous toujours affirmer cela ? Oui bien sûr, comme nous l’avons tous dit, 2022 sera mieux ! Renforcement du développement de l’e-santé, de la protection des données personnelles (la CNIL a tiré la galette des rois le 6 janvier 2022 en sanctionnant GOOGLE pour un montant total de 150 millions d’euros) et bien sûr une espérance de faire face à cette pandémie. Cet avenir doit aussi être signe d’une préservation de nos libertés et de notre raison, question ouverte depuis plusieurs siècles :

Molière, dont nous venons de fêter les 400 ans, écrivait « Consulte ta raison ; prends sa clarté pour guide »

En écho au siècle des lumières, le rapport à la Présidence déposé le 11 janvier 2022 par la Commission «les lumières à l’ère du numérique» vient nous rappeler que le progrès n’est rien sans la raison : « Cette saturation et cette dérégulation du marché de l’information en ligne mettent à rude épreuve nos capacités de vigilance épistémique, ce qui nous rend davantage perméables aux fausses informations »

Ainsi le progrès de la raison par la science peut connaitre des limites lorsque la technologie peut faire perdre toute raison : est-ce le futur que nous réserve le metaverse, ce monde éthéré et quasi illimité  ? Allons-nous vivre un premier semestre de fakenews à travers les réseaux durant la campagne présidentielle ?

Nous devons donc rester vigilant sur notre raison mais sans renoncer à la science, ni entrer à reculons dans l’avenir. Car comme nous tous, et comme le dit si bien Woody ALLEN, « l'avenir est la seule chose qui m'intéresse, car je compte bien y passer les prochaines années ».


Mathieu MARTIN

Libertés H10/12/2021Editorial


La liberté de croire aux utopies

Bientôt Noël !
C’est l’occasion de se poser une question de nature métaphysique.
Faut-il encore croire au Père Noël ?
Elargissons l’interrogation. Est-il encore temps de croire à toutes les utopies.
Oui !
Comme le disait Oscar Wilde, « aucune carte du monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas. Car elle exclut le seul pays auquel l’humanité vient toujours accoster ».
Nous traversons des moments difficiles, le quotidien semblant chaque jour plus délicat à appréhender.
Mais c’est précisément à cet instant qu’il faut croire aux utopies.
Loin d’être une notion romantique voire illusoire diront certains, il faut au contraire faire de nos utopies le socle de nos actions.
C’est parce que nous refusons de nous résigner face aux événements négatifs qui nous assaillent que nous pouvons nous projeter dans l’avenir, agir et construire le futur vers lequel nous souhaitons aller.
Les utopies deviennent alors concrètes car elles permettent à nos rêves de devenir réalité.
Qu’ils s’agissent de projets personnels ou de projets professionnels, nous devons cultiver la liberté de croire aux utopies qui nous permettra d’atteindre nos objectifs.
Cela passe par une autre liberté, celle d’avoir un accès permanent au savoir, à l’éducation, à la formation.
Sans connaissance, l’utopie deviendra alors chimère.
Mais appuyée par une volonté d’apprendre, une soif de comprendre, la croyance dans les utopies nous amène à nous dépasser.
Et à faire pousser sur le terreau fertile de l’imagination, le progrès et l’innovation.


 


Olivier COSTA

Libertés H06/12/2021Editorial


50 ans déjà !

A celui qui m'aurait dit, le 6 Décembre 1971, que je serais Avocat pendant un demi-siècle, je lui aurais ri au nez.
Et pourtant…Avocat !
Ce mot résonnait en moi comme un espoir inatteignable quand, jeune collégien, aux côtés de mon père, j'assistais aux audiences et buvais les paroles des hommes et des femmes en robe noire qui plaidaient.
Avocat, robe, défense : ces trois mots restent indissolublement liés, et ont traversé le temps et les âges depuis si longtemps que mon demi-siècle n'est rien !
Mais il demeure que je suis fier d'avoir exercé toutes ces années passées.

Alors oui ! Avocat ! Quel beau métier qui rime avec ce mot si fort : Liberté !
 


Yves BISMUTH

Libertés H19/11/2021Editorial


Loi de Brandolini

Le 10 janvier 2022, soit 3 mois avant le premier tour des élections présidentielles, sera à nouveau « actif » le mécanisme de la loi relative à la lutte contre la manipulation de l'information en matière d’élection générale. En effet, au regard de l'intérêt général attaché à l'information éclairée des citoyens en période électorale, et à la sincérité du scrutin, une réglementation plus stricte s’applique durant cette période et notamment une possibilité d’agir en référé contre la diffusion sur les réseaux de fausses allégations ou imputations inexactes ou trompeuses, d'un fait de nature à altérer la sincérité du scrutin. Si l’intérêt de cette loi est louable, elle amène en même temps à conclure qu’un électeur n’a donc pas besoin d’être « éclairé » plus de 3 mois avant un scrutin. Ceci rend donc d’autant plus interrogateur sur la sincérité des sondages actuels, face aux multiples « fake news » diffusées sur les réseaux.
Pourquoi donc limiter la désinformation en période électorale uniquement, connaissant les ravages qu’une fausse information peut générer ? En effet, n’oublions pas que suivant la loi de Brandolini « the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it»

Vivement le 10 janvier 2022 que nous soyons à nouveau « éclairés » !

Mathieu MARTIN

Libertés H05/11/2021Editorial


Je fais ce que je veux ! Eh bien non !

Petit rappel plus que nécessaire par les temps qui courent.
En l’an 1789, le 26 août, quelques auteurs éclairés ont rédigé un texte appelé à connaître une grande destinée, la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.

Cette déclaration comporte un article 4 qui dispose :
“La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits”.

Or, il suffit de lire la presse quotidienne pour s’apercevoir que certains pensent pouvoir transformer cet article en un piètre «ma liberté est sans limite, je fais ce que je veux ».
Jusqu’à ce que bien sûr, un autre individu ne vienne, au nom de sa propre liberté, empiéter sur celle des ceux qui croient que la leur est sans limite.
Avons-nous à ce point perdu toute mesure et le sens commun indispensables au rejet de l’anarchie et de la loi du plus fort ?
Être citoyen dans une démocratie nous oblige.

C’est une rude exigence qui ne doit céder à aucun compromis sous peine de voir flétrir nos libertés.

Olivier COSTA



Libertés H29/10/2021Editorial


Qu’est-ce qu’une vie sans secret ?

Avoir un secret c’est protéger un trésor, joyau dont on se pare comme le plus beau des bijoux.
Partager le secret de l’autre c’est entrer dans son intimité tout en lui prouvant sa fidélité.
Ainsi le secret s’inscrit dans le sens de notre existence au plus profond de nous-même.
Il nous est tellement essentiel que l’on a reconnu à certains d’entre nous le droit d’en être les détenteurs sans l’obligation de le révéler !
Pouvoir exorbitant quand il se heurte à la défense de la Société ou se trouve en contradiction avec la Morale ou la loi pénale !?
Le secret pour l’Avocat, a écrit Yves BOT, est la rencontre d’une conscience et d’une confiance.
Mais le secret c’est aussi une condition du respect de la vie privée. C’est aussi respecter la souffrance de la confidence et savoir rester digne de la confiance accordée.
Un secret devrait rester enfoui mais il se heurte maintenant à une forte archéologie de la transparence dont la dictature nous devient insupportable.
Car si on dévoile un secret on accède à la même nudité de l’âme que celle ou celui que l’on a trahi.
Et comme Phèdre peut-on « laisser gémir la vertu soupçonnée » ?
On confesse ou on avoue un secret et on est déjà là dans le domaine de la culpabilité.
Et quand on n’a aucun secret c’est qu’on n’a rien à cacher … Culpabilité encore !
Laquelle solution choisir ?
L’obligation au secret existe-t-elle encore, quand le violer est la condition de la réparation ou/et de la cessation d’un crime ou d’une injustice.
Oui le secret est une obligation à se taire, mais alors la loi doit-elle imposer ou autoriser la révélation ?
Le secret doit-il subir la loi de l’attraction de la Loi ou rester en apesanteur de l’ordre du Droit lequel, dans certains cas, impose la révélation du secret.
Le secret devient ainsi inférieur à la règle légale qui est pourtant variable dans le temps et dans l’espace ?
Terrible interrogation !
Peut-on trahir un secret au risque de se perdre et d’aboutir ainsi à une forme de renoncement de soi ?
Doit-on toujours protéger le détenteur d’un secret à ne jamais le livrer, nanti de la confiance de celui qui le lui l’a confié ?
Après la liberté de dire, allons-nous aussi perdre celle de ne rien dire ?

Je ne vous dirai pas ce que je pense… c’est un secret.

Yves BISMUTH



Libertés H22/10/2021Editorial


Humour, toujours !

La Cour Européenne des Droits de l'Homme dans son célèbre arrêt HANDYSIDE c. Royaume-Uni du 9 décembre 1976 rappelait que son rôle lui commande de prêter une extrême attention aux principes propres à une “société démocratique” et jugeait ainsi : « La liberté d'expression constitue l'un des fondements essentiels de pareille société, l'une des conditions primordiales de son progrès et de l'épanouissement de chacun (…). Elle vaut non seulement pour les “informations” ou “idées” accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l'État ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels il n'est pas de “société démocratique »

Préservons donc cette liberté d’expression, dont seule la loi peut fixer les limites, et ne cédons jamais aux sirènes de la morale.

« La meilleure preuve que l'humour est une forme d'intelligence, c'est que ça énerve les abrutis ». (Julien Lorcy).

Mathieu MARTIN



Libertés H08/10/2021Editorial


Lettre à Xavier


Mon Cher Xavier,

Loin de nos frontières, et sur une justification faussement louable, de tes 4 roues tu parcours Singapour pour détecter des comportements sociaux indésirables.
Tes inventeurs, en te donnant un prénom amical, ont voulu réduire la nécessité de patrouilles physiques, ton œil relié à une vidéo dotée d’une intelligence artificielle te permettant de transmettre toute alerte à un centre de commande central.
Mais sais-tu ce qui est fait de ces données faciales ? Te crois-tu digne, avec tes petites connexions neuronales, d’appliquer la loi pénale ?
Nous ne nous croiserons sûrement pas, et cela m’est bien égal.
Ici en Europe, même si ce n’est pas idéal, nous ne t’octroierons jamais le droit de nous imposer des obligations légales. Le Parlement européen, le 6 octobre 2021, a pris une résolution demandant à la Commission d’éviter de tels desseins.
Et rappelle-toi, Robocop et Judge Dredd ne sont pas restés dans les annales. Même HAL a fini bien mal.
Alors, j’ai hâte que l’on te déconnecte de toutes tes fonctions vitales et voilà, en appelant le Poète, ce que j’écrirai sur ta pierre tombale : « Le progrès: trop robot pour être vrai » - Jacques Prévert -


Mathieu MARTIN


Libertés H01/10/2021Editorial



La liberté de se déplacer.

La crise historique que nous traversons a mis en lumière un mouvement initié il y a déjà plusieurs années qui tend à culpabiliser les déplacements internationaux qu’il s’agisse de voyages d’agréments ou de voyages professionnels.
Plus particulièrement stigmatisé, le secteur aérien est soumis aux pressions conjuguées de la pandémie et des impératifs environnementaux. Chacun a sa propre opinion.
Mais au-delà de ces avis, des questions se posent :
Peut-on lutter contre les besoins (intellectuels, culturels, économiques, familiaux, …) de voyages de l’être humain ?
Peut-on parler de relations internationales en se contentant de relations locales ?
La réponse est sans aucun doute négative.
Rappelons la rédaction inégalée de l’article 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 :
« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »
La liberté d’aller et venir, la liberté de voyager est un droit fondamental. Mais il peut de par la Loi, connaître des limites.
Claude Lévi-Strauss, dans « Tristes Tropiques“, alertait déjà sur les abus liés aux voyages.
«Voyages, coffrets magiques aux promesses rêveuses, vous ne livrerez plus vos trésors intacts. Une civilisation proliférante et surexcitée trouble à jamais le silence des mers. »
Mais il serait illusoire et dangereux de considérer que nous pourrons sauver la planète en imposant à l’Homme de se replier dans sa caverne.
Il voudra toujours en sortir pour s’élever. Cessons d’opposer les dogmes, utilisons la Loi à bon escient, et n’oublions pas le besoin vital de l’Homme de voyager.
Dès lors, c’est à l’intelligence humaine d’agir à travers la recherche et le développement, l’innovation, pour concilier la nécessité de se déplacer avec la préservation de l’environnement en évitant les spectres de la moralisation et de la culpabilisation.

Olivier COSTA



Libertés H24/09/2021Editorial



« La liberté, pour quoi faire ? » - Lénine -

La trilogie républicaine est –elle encore d’actualité ?

Quand on veut faire taire celui ou celle qui ne pense pas comme vous, peut-on parler de Liberté ?

Quand on veut que la couleur de peau devienne le signe distinctif, peut-on parler d’Egalité ?

Quand on veut privilégier uniquement ceux qui sont dans votre communauté, peut-on parler de Fraternité ?

Il semblerait que la radicalité impose la norme de demain.

Le désir d’intransigeance et celui d’ostraciser son prochain seraient-ils le futur qui nous attend ?

Quand on parle de pureté ou de souillures, les mots ne sont pas neutres et semblent vouloir nous faire revenir à l’Inquisition.

Comment un Citoyen peut-il accepter la servitude à une seule pensée, qui, pour ne plus être critiquée veut s’imposer comme une croyance ?

La Liberté ne peut s’exercer si on ne peut discuter la pensée de l’autre pour l’accepter ou la rejeter.
L’Egalité ne peut et ne doit être régie que par le Droit.
La Fraternité doit rester consubstantielle de l’altérité.

Craignons cet abandon de notre trilogie républicaine au risque de voir renaitre de nouveaux Torquemada !

« La pire menace pour la Liberté n’est pas qu’on se la laisse prendre, - car ce qui s’est laissé prendre peut toujours se reconquérir - , c’est qu’on désapprenne de l’aimer ou qu’on ne la comprenne plus » a dit Georges BERNANOS.

Yves BISMUTH


Libertés H17/09/2021Editorial


Liberté et innovation


La rentrée 2021 a ceci de particulier qu’elle fait suite à une période de crise sanitaire inédite qui a bouleversé tous nos repères.
Les paradoxes en sont d’autant plus grands.
Parmi ceux-ci, force est de constater que nous avons atteint un niveau de performance technologique incomparable en même temps qu’un flagrant désamour pour les progrès techniques et un rejet d’une certaine partie de nos sociétés pour les solutions scientifiques.
L’illustration parfaite nous en est donnée par le débat sur la vaccination ou celui portant sur le tourisme spatial réservé pour l’instant à quelques milliardaires à l’aune d’une nécessaire prise de conscience climatique dont l’absence atteint en premier lieu les plus démunis.
Se pose dès lors la question suivante : l’innovation nous rend-elle libre ou nous asservit-elle ?
L’innovation a toujours suscité des craintes notamment au regard de ses conséquences sur l’emploi.
Mais en tant que telle l’innovation est neutre, c’est l’usage qu’on en fait qui la rend positive ou négative.
Bien utilisée et surtout partagée, l’innovation permet la croissance en améliorant la productivité, en créant plus de richesse avec moins de travail et de ressources.
Ce qui permet de dégager du temps et des moyens pour d’autres activités.
Mal utilisée, l’innovation perturbe les sociétés qui ont tendance à privilégier une forme d’attentisme plus faussement sécurisante.
Mais pouvons-nous nous passer d’innovations ? Certainement pas.
L’innovation libère les idées, les projets, et améliore les conditions de vie.
L’essor des nouvelles technologies auxquelles nous faisons face, l’informatique quantique, l’accès facilité à l’espace, l’intelligence artificielle, la santé numérique et bien d’autres, est une grande source d’opportunités.
Nos nouvelles façons de travailler, notre agilité, nos modèles de gouvernance plus autonomes, sont dus aux innovations qu’elles soient d’ailleurs technologiques ou sociales.
L’innovation conduit à la liberté, la liberté permet d’innover.
Gardons cela à l’esprit pour créer en cette rentrée 2021, un dynamisme salvateur.

Olivier COSTA

Libertés H10/09/2021Editorial


PASS ton tour !

Le pass sanitaire, est le sujet de toutes les discussions, terrasses des cafés incluses, à condition d’avoir ledit sésame. Mais est-il une atteinte à la liberté ? Cette dernière, se définit par l’existence de limites et contraintes. L’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme du Citoyen de 1789 dispose : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Au niveau européen la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés nous rappelle que l’ingérence d'une autorité publique dans la vie privée peut se justifier, lorsqu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la protection de la santé et des droits d’autrui. Ainsi, si la liberté, notamment de pensée et d’opinion doit rester libre et éclairée, la « dictature » et autres outrances opposées par certains pourraient apparaitre comme la remise en cause même d’une société démocratique. La liberté n’est pas seulement un droit individuel mais un bien précieux que nous devons partager et protéger de manière collective. C’est le contrat social, cher à Rousseau. Tout débat ne peut donc s’inscrire que sous ce prisme. Ne galvaudons donc pas la notion d’atteinte à la démocratie. Pour ceux qui ne partagent pas cette vision, et ils doivent reconnaitre la chance de bénéficier de ce droit, quelques exemples de l’actualité internationale pourront nourrir leur réflexion : La situation actuelle en Afghanistan ou la nouvelle loi sur les données personnelles chinoise, faux nez d’une protection individuelle qui renforce encore plus le pouvoir de l’Etat chinois. Mais nous, nous sommes encore libres d’en débattre !

Mathieu MARTIN


Libertés H16/07/2021Editorial


Ce n’ « espace » que tu crois

Chose assez inhabituelle, des milliardaires américains sont à l’heure actuelle en train de remettre au goût du jour une vraie question juridique que les Comités des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique des Nations unies n’ont pas encore réussi à solutionner : où commence l’espace extra-atmosphérique, soit plus simplement l’espace ?
Richard BRANSON n’aurait atteint « que » 90 kms d’altitude, soit 10kms de moins que ce qui est reconnu internationalement (bien que non consacré par un traité) comme étant la frontière avec l’espace soit 100 Kms au-dessus du niveau de la mer, comme le définit le principe de la ligne de KARMAN.
Jeff BEZOS annonce pour sa part un « vrai » vol spatial, comme Elson MUSK. La prouesse reste fascinante mais va poser, à moyen terme, un certain nombre de questions sur la réglementation renforcée d’un espace que l’on pouvait encore croire comme la chose de tous, et quasiment inaccessible par le commun des mortels. Des lois existent déjà, dont la loi n° 2008-518 du 3 juin 2008 relative aux opérations spatiales. Saurons-nous dès lors préserver les intérêts de chacun et éviter une souveraineté spatiale au bénéfice de quelques acteurs ? Pour y répondre, nous vous donnons rendez-vous pour notre H n°2500 qui traitera des conflits de voisinage sur Mars.

Mathieu MARTIN


Libertés H09/07/2021Editorial


La création artistique et la liberté

L’ouverture du 74ème Festival de Cannes nous donne l’occasion de nous interroger sur la place de la création artistique dans nos libertés.

Au-delà du seul prisme économique, la crise épidémique que nous traversons a fissuré nos certitudes et nos habitudes.
Si le simple fait d’aller au Cinéma constituait un loisir, la privation « d’aller se faire une toile » a remis en perspective le caractère fondamental de la création artistique dans notre cheminement vers la liberté.
Sans liberté de déplacement, il n’y a plus de création artistique. Et sans création artistique, la société se voit amputer d’une très grande part de liberté.
La Convention de 2005 de l’UNESCO énonce à juste titre que la diversité culturelle ne peut être protégée et promue que si les droits de l’homme et les libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, d’information et de communication, ainsi que la possibilité pour les individus de choisir les expressions culturelles, sont garantis.
Ne galvaudons pas ou plus, l’importance de la création artistique quel que soit l’art en question.
Grâce à la création artistique, l’être humain se dote d’une culture plus forte, d’une capacité à assumer ses passions, il devient plus intelligent et plus subtil, ce qui lui permet d’aspirer à la liberté.
Après avoir vu nos libertés être amputées, qu’il est donc bon de retrouver à nouveau des spectateurs dans les salles obscures pour célébrer le septième art et retrouver une autre part de liberté. Septième art et liberté ont d’ailleurs en commun de renvoyer à des notions philosophiques. On doit ainsi à Hegel le classement des arts majeurs.
En 1923, un critique de cinéma italien vivant à Paris, Ricciotto Canudo, a publié le Manifeste des sept arts. Il attribua au cinéma la 7ème place, estimant qu’il s’agissait de l’art le plus avancé comprenant le langage, le son, l’image, le mouvement et l’interactivité.
Cette définition permet de mieux comprendre la force du 7ème art dans l’expression de la liberté. La création artistique devient alors un puissant levier pour notre liberté.
Pensez-y lors de votre prochaine séance et rappelez-vous les films les plus marquants de votre histoire personnelle qui ont forgé votre conscience et votre désir de liberté !

Olivier COSTA


Libertés H25/06/2021Editorial


Toute ressemblance avec des personnes existantes n'est pas fortuite.

Nous connaissons tous les mesures provisoires qui deviennent définitives et les exceptions érigées en principe. Se pose désormais la question de savoir si nous n’allons pas franchir le Rubicon en matière d’Intelligence Artificielle (IA). En effet le projet de règlement européen concernant l’IA, publié le 21 avril, pose pour principe l’interdiction d'utilisation de systèmes d'identification biométrique à distance « en temps réel » dans des espaces accessibles au public, à des fins répressives. Ces deux lignes rassurantes sont cependant suivies d'un « sauf » qui précise, sur 1,5 page, différentes exceptions, notamment, en matière de détection, localisation, identification et poursuite d’un auteur ou suspect d'une infraction pénale. Si certains motifs pourraient apparaître légitimes (crimes, terrorisme), le texte est applicable dès commission d’une infraction punissable d'une peine d'emprisonnement d'au moins trois ans (comme le vol d’une orange en France). Si ce texte doit encore être débattu, les régulateurs européens en matière de protection des données s’opposant d’ores et déjà à ces dispositions, il reste que le sujet n'est désormais plus tabou. Espérons que la fiction dépasse toujours la réalité.

Mathieu MARTIN

Libertés H29/01/2021Editorial


Déni et Défi
Qui peut nier que l’État est de plus en plus dénié!
Face à ce déni l’État a opposé un défi : Changer les paradigmes Républicains en obligeant le citoyen à substituer la santé à la liberté.
Quelles sont alors les conséquences ?
Dénier l’état c’est à la fois contester son autorité et sa légitimité.
Quelle réponse a eu alors l’État si ce n’est s’opposer au déni par le défi.
Défi de faire croire que la démocratie doit s’incliner pour voir triompher une forme de tyrannie parée de son efficacité.
Défi de faire accroire que la vie n’est rien puisque la mort est tout.
Défi de privilégier la connaissance présumée sur la légitimité élective.
Défi d’ébranler la trilogie républicaine puisque au nom de la fraternité et de l’égalité on met a mort les libertés.
Mais le danger de ce Défi c’est qu’il est une invitation au combat pour vouloir les retrouver.
Ainsi pour l’Etat vouloir défier c’est encore plus se voir dénié !
Il est grand temps de voir ainsi disparaître déni et défi pour que le refus des deux permette d’espérer un futur apaisé.

Yves BISMUTH


Libertés H18/06/2021Editorial


Liberté d’influence, êtes-vous influenceur ou influencé ou bien les deux ?

Tout commence par une scène d’apparence anodine de quelques secondes.
Le fameux joueur de football portugais Cristiano Ronaldo, a déplacé en conférence de presse, des bouteilles de Coca-Cola hors du champ des caméras pour les remplacer par de l’eau.
L’emballement sur les médias et les réseaux sociaux a été tel que l’action du groupe Coca-Cola, pourtant sponsor officiel de l’Euro, a chuté, entraînant une perte de sa capitalisation boursière de quatre milliards de dollars.
Dès lors une question se pose au travers du rôle des « influenceurs » devenus prétendument plus importants que des prix Nobel !
Sommes-nous libres de toutes influences ou libres d’être influencés ?
Plusieurs éléments complexes entrent en jeu dans l’élaboration de nos opinions comme notre éducation, notre parcours professionnel, nos relations sociales, notre environnement économique…
Mais dans nos actions, quel est la part de déterminisme, d’influence et de libre arbitre.
Notre désir de consommation qui se traduit majoritairement par une volonté de positionnement social est conditionné par nos affects.
Notre raison est-elle suffisamment forte pour lutter contre un inconscient qui pousse à vouloir imiter les comportements d’autres ?
Dans une époque où la notion du temps est totalement perturbée, où l’accélération croit de manière exponentielle, prenons-nous le temps de nous interroger sur notre liberté aux regards des influences extérieures si puissantes.
Décidons-nous réellement en toute conscience d’être influencés, ce qui est notre liberté ?
Ou bien avons-nous perdu cette fameuse liberté pour nous retrouver finalement dans une situation d’aliénation face aux influenceurs ?
Ce qui demeure important, c’est le choix et le libre-arbitre éclairés et assumés.

Olivier COSTA

Libertés H11/06/2021Editorial


Dystopie ?

Les Morlocks sont de retour, mais pourront-ils coexister avec les Eloïs ?
Le masque était rassurant, retrouverons-nous le plaisir de l’autre ou continuerons-nous à le considérer comme un ennemi ?
L’Europe a fait Schengen, et maintenant s’instaure le passeport vaccinal reconnaissant une nouvelle catégorie d’individus : les étrangers à la santé !
La nouvelle religion sera la digitalisation, notre possibilité d’exister sera dorénavant conditionnée par notre QR Code !
On a raillé la recherche pour la France d’une identité, jusqu’à la qualifier comme malheureuse, alors que l’on se précipite maintenant de prôner l’identité numérique pour la considérer comme la seule heureuse.
Le post humanisme sera-t-il le vainqueur de la pandémie ?
La liberté devient-elle un surplus de l’humanité et s’en défaire ne plus être une impossibilité majeure.
Devrons-nous accepter que le tout pouvoir numérique entre les mains de quelques-uns, leur permette de décréter le bannissement ou l’indignité de ceux qui leur sont contraires ?
Craignons que notre époque ne soit une inversion des paradigmes !
Alors que le principe est, qu’il y a un caractère irréversible à une liberté conquise, nous assistons maintenant au caractère irréversible d’une servilité acceptée.
Le monde de la surveillance a-t-il définitivement remplacé celui de la bienveillance ?

Yves BISMUTH


Libertés H04/06/2021Editorial


Culture contre désinformation ….

Il vient d’être annoncé la création d’une Agence de lutte contre les manipulations de l'information. Cette agence, qui sera directement rattachée au secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale, et qui pourrait apparaitre comme un nouvel arsenal de cyberguerre, aura pour objet de lutter contre les manipulations de l'information en provenance de l'étranger visant à “déstabiliser l'Etat”. Sont donc ici visés, sans les nommer, les électeurs et donc les citoyens. Si l’initiative est louable, elle est aussi l’aveu d’une certaine impuissance des medias et des citoyens à désormais qualifier de vraie ou « fake » une information. Les journalistes semblent avoir découvert le « fact checking », qui n’est autre que la vérification des faits, ce qui est de l’essence même de leur métier… Quant aux citoyens, si une vraie liberté d’information est nécessaire, peut être devrions nous aussi nous interroger sur un renforcement de la culture, qui demeure la meilleure arme contre la désinformation.
Comme l’indique l’artiste Maxime GRALET :
« La culture est une arme de paix ».

Mathieu MARTIN


Libertés H28/05/2021Editorial


Liberté de commerce ou magnificence du sport, quand la raison l’emporte sur la passion !

Le conflit récent ayant opposé et qui oppose encore, des sanctions étant encore possibles, les clubs de football désireux de créer une Super league privée et l’UEFA, soucieuse de promouvoir son sport auprès du plus grand nombre tout en conservant son monopole sur les compétitions sportives, nous entraine vers des réflexions quasi métaphysiques.
S’oppose en effet le principe de la liberté du commerce qui permet de comprendre que des entrepreneurs soient soucieux de rentabiliser leurs investissements, à la magnificence du sport, concept irrationnel virant au passionnel.
Dans le premier cas, il est question de performances, de planification, de retour sur investissements, de maitrise des risques, d’arbitrage vidéo pour éviter les injustices qui ont des impacts financiers, qui marquent un bilan et un compte de résultat.
Dans le second, il est question d’instant présent, d’émotions brutes, de pleurs d’enfants face à une injustice flagrante à cause d’une main, d’honteux émerveillements à cause d’une autre main, qui façonnent des souvenirs qui marquent une vie.
A une vision millimétrée mais pourtant nécessaire pour s’insérer dans un système économique faisant vivre des millions de personnes, répond une énergie libératoire encore plus nécessaire aujourd’hui qu’hier.
L’absence de courage dans la prise de décision, la volonté de l’UEFA de concilier des pôles totalement éloignées, le dévoiement des compétitions vers plus de profits et moins de ressentis, est en train de transformer le sport le plus populaire en un système juridico-économique indigeste.
Est-ce à l’image de la société qui tend à normaliser à l’extrême chacun de ses pans en niant l’intelligence individuelle et le libre arbitre ?
Est-ce le sens de l’histoire qui voit des empires économiques prendre le pas sur les Etats ?
La culture européenne du sport repose sur le mérite et non la performance financière.
Les Etats comme les individus devraient s’en inspirer.

Comme le chantent si bien les supporters de Liverpool «You’ll Never Walk Alone ».

Olivier COSTA

Libertés H21/05/2021Editorial


Révolte ? …


« Vous connaitrez la vérité et la vérité vous affranchira.» (Jean 8 : 31 – 32)
On ne pourra continuer longtemps à mépriser la vérité et prôner le déni.
Mais le déni prend aussi la forme permanente d’une recherche d’explications et d’interrogations, dernier refuge pour refuser d’agir.
Et on ne pourra se maintenir plus longtemps dans l’inaction !
La France entend-t-on est un pays où de plus en plus on se sent mal.
Mais ce cri de colère ne suffit plus !
Et ce sentiment n’a plus besoin d’être expliqué, mais d’être résolu !
Il suffit d’entendre à longueur de journée les explications des uns et des autres, les querelles de mots ne peuvent être indéfiniment le rempart de la peur de faire.
Ce à quoi nous assistons, et je dirais même que nous endurons, ne nous va pas ! Un point c’est tout !
Nous ne voulons pas accepter la catastrophe qui se prépare et commençons même à nous interroger sur notre lâcheté de ne rien faire pour l’éviter et nous défendre.
Nous ne voulons plus de ce Munich de la pensée qui nous fait préférer la paix à la liberté et nous ressentons que nous ne pouvons plus accepter cette croissante médiocrité.
Et nous nous interrogeons sur ce que doivent être nos actions !
Sommes nous en train de nous préparer à un pire que nous redoutons, et qui pourrait apparaitre comme la solution ?
Terrible pensée que nous mesurons ! …
Et tout cela pourquoi ?
Parce que :
Nous ne pouvons plus accepter cette compassion qui devient l’aliment et l’excuse de la bassesse et de la servilité des comportements.
Nous ne pouvons plus accepter d’assister sans rien dire au malheur des autres tout en craignant l’arrivée du nôtre.
Nous ne pouvons plus accepter de devenir des incroyants de la liberté.
Nous ne pouvons plus accepter d’être devenus des infirmes de l’amour de la France.
Nous ne pouvons plus accepter d ’être considérés comme des administrés dénués de toute pensée, et d’être infantilisés.
Nous ne pouvons plus accepter les dictateurs du bien, et comme disait Albert CAMUS : « Nous étouffons parmi les gens qui pensent avoir absolument raison ».
Nous ne pouvons plus accepter l’absurde des décisions et des sempiternelles fausses solutions.
Nous ne pouvons plus accepter que la violence prenne le pas sur la souffrance au risque de voir un jour la vengeance l’emporter sur le droit.
Nous ne pouvons plus accepter que le spirituel veuille tout dominer et voir ainsi nier la laïcité.
Nous ne pouvons plus accepter une servitude de la pensée unique et devenir les esclaves consentants d’une inhumanité.
Comme disait BAINVILLE : « Il n’y a rien de plus dangereux que le simulacre de l’action ».
Alors Osons !
Osons dire que la sécurité est la condition du bien-être !
Osons dire que le savoir et le pouvoir s’affaissent en s’agenouillant devant les déconstructeurs !
Osons dire que nous n’en pouvons plus du prêt à penser et que nous sommes fiers d’être français !
Osons dire que nous sommes prêts à mourir pour défendre notre Patrie et nos libertés !
Osons dire que la France a une histoire qui fait sa grandeur et son génie, sans l’obliger à une perpétuelle repentance !
Sortons de notre silence et disons Non !
Georges BERNANOS avait publié en 1943, dans la clandestinité, un livre magistral, et tellement d’actualité, qui s’intitulait « Où allons-nous ? »
Il n’est plus temps maintenant de continuer à s’interroger mais d’affirmer : « Nous ne voulons pas y aller ! ».
Alors oui Osons !
Osons dire comme l’écrivain que la France si elle venait à manquer définitivement au Monde, le corps du Monde fléchirait.
Osons dire avec Victor HUGO que « l’âme française est plus forte que l’esprit français » !
Osons dire que s’il y a une foi à partager, c’est la foi en la France, et dire qu’il nous faut l’aimer.
Osons la liberté de penser pour retrouver celle d’agir !

La France ne peut demeurer ce Bateau Ivre « où toute lune est atroce et tout soleil amer »…

Craignons de ne pas entendre les cris sourds d’un pays à la peine !
Craignons que le peuple confronté aux mensonges entretenus n’ait plus que la Révolte pour être entendu.
Et espérons…

Yves BISMUTH



Libertés H07/05/2021Editorial


Réseau social et pluralisme d’opinion

Facebook vient de confirmer le 4 mai l’interdiction de l’ancien président américain sur son réseau social. Loin de nous interroger ici sur la personne visée, se pose la question de la portée d’une telle décision d’un acteur privé vis-à-vis d’une personne publique. Cette décision repose sur la violation de conditions d’utilisation d’un réseau privé, libre de fixer ses propres règles. C’est donc un accord conventionnel que de consentir aux règles d’un réseau. Suivant une vision strictement contractuelle, la loi des parties s’est appliquée : il n’y a donc pas lieu de dissocier que l’on soit ou non une personne publique pour être censuré sur un réseau social car il ne s’agit pas ici d’une censure sur internet, ni d’une interdiction de s’exprimer. Mais cette décision interroge face à la part prépondérante des réseaux sociaux dans l’espace médiatique, et seul média d’informations pour certains. Le risque ne serait-il pas que des règles trop strictes, voire arbitraires ou partisanes de tels réseaux n’amènent à porter atteinte à principe plus global de liberté d’expression ou d’opinion ?

Mathieu MARTIN

Libertés H23/04/2021Editorial


Allons enfants…

et si la liberté était …

de Dire qu’un Français doit aimer sa patrie, son drapeau
et chanter la Marseillaise
de Dire que l’autorité est un élément indispensable à l’éducation
de Dire qu’un délinquant commet des délits et qu’une victime les subit
de Dire que la police est indispensable à la régulation de la société
de Dire que la justice doit s’appliquer après un procès équitable et que les peines doivent être exécutées
de Dire que la prévention et la répression vont de pair
de Dire que la sécurité est un droit
de Dire que la France n’est pas raciste
de Dire que la France est une République avec des citoyens assimilés et égaux devant la loi
de Dire que la laïcité est un principe constitutionnel de notre République
de Dire qu’une Nation ne peut se construire et exister sans le respect de ses valeurs fondamentales et de sa culture
de Dire que la fraternité risque de s’épuiser confrontée aux permanents dénis de la réalité
de Dire que la démocratie repose sur le fait majoritaire et non sur la tyrannie des minorités
de Dire que la foi ne peut être supérieure à la loi
….Et si cette liberté de dire ne peut aujourd’hui exister alors nous reste celle de penser pour mieux le dire après…


Yves BISMUTH

Libertés H16/04/2021Editorial


La bourse ou les cookies !

Un débat agite la toile face à une mention suivant laquelle désormais l’accès au contenu de certains sites internet est subordonné au choix suivant : payer pour naviguer sans cookies ou y accéder gratuitement moyennant l’acceptation d’une ingurgitation de cookies. Certains y ont vu le fait de désormais devoir payer pour protéger sa vie privée, sans se rappeler que si «c’est gratuit c’est que c’est vous le produit» : cruelle naïveté que les nouvelles règles strictes en matière de cookies publicitaires ont fait ressortir.
Nous sommes désormais à la croisée des chemins du modèle économique d’Internet : s’il est légitime de protéger la vie privée, la valorisation de la création d’un contenu l’est aussi. Posons-nous d’ailleurs cette question : si l’information n’a pas de valeur, pourquoi la consulter ? Si elle en a, pourquoi refuser de la payer ?
Cette question que personne ne se pose lorsqu’il achète une revue ou un journal chez un vendeur de journaux (peu important d’ailleurs la qualité du contenu) a disparu dans le monde éthéré d’internet. Il reste donc encore à créer un vrai modèle économique d’internet respectueux des libertés mais aussi des créations de chacun.

Mathieu MARTIN

Libertés H09/04/2021Editorial


Taisez-vous !

Se taire est un droit, jamais une obligation dans une démocratie digne de ce nom.
Alors posons-nous la question : la démocratie est-elle en train de se détruire par ce qui doit normalement la nourrir : la liberté d’expression ! Non parce que celle-ci s’exerce, mais au contraire, parce que en son nom elle se restreint.
Je m’explique : à force de donner la parole à ceux qui s’inscrivent dans une stratégie de destruction de notre société, la liberté d’expression nourrit sa propre autocensure de peur d’attenter à une bien-pensance qu’elle a elle-même générée. Ainsi la liberté d’expression devient une caricature d’elle-même puisqu’elle ne réalise plus que ce qu’elle croit protéger, en définitive, la détruit. Et plus personne n’ose s’exprimer de peur d’être cloué au pilori !
La liberté d’expression est ainsi devenue l’idiot utile de la censure des minorités qui se développe en abusant de cette liberté qui nous est chère, et en la détournant en nous laissant impuissants !
Ces ennemis de la liberté finiront-ils par donner raison à Saint-Just, l’ange de la terreur, en nous obligeant à cet accès ou excès de lucidité ? Terrible question ?
Faudra-il sacrifier notre Histoire de France et nos modes de pensée au racialisme et à l’islamo gauchisme ? Car il faut le constater, le désaccord est devenu un crime de lèse bien-pensance !
Et peu à peu sous couvert de démocratie s’installe la tyrannie de ceux qui ont décidé ce que devait être le bien ! Et pour nous l’imposer, ils utilisent une forme d’oppression : nous culpabiliser afin de nous empêcher de nous exprimer ! Et c’est ainsi que peu à peu ils gouvernent nos pensées au nom de la liberté de leur expression !
Alors disons le haut et fort, il nous faut impérativement sortir de cette aboulie et reconquérir nos libertés. Ne laissons pas la démocratie, qui repose sur le fait majoritaire, abdiquer !
N’oublions jamais Tocqueville : «La tyrannie n’est rien d’autre que la démocratie se mettant en congé d’elle-même ».
Et si nous continuons ainsi, bientôt, nous ne pourrons plus lire Claude Levi-Strauss ! Tristes topiques !

Yves BISMUTH



Libertés H02/04/2021Editorial


Ultracrépidarianisme et désinformation

L’ultracrépidarianisme est l'art de parler avec assurance de ce que l'on ne connaît pas. Le contexte sanitaire a fait apparaitre une multitude d’« experts » sur les medias. On peut s’interroger sur cette profusion et ses conséquences, toute annonce ou déclaration aussi « experte » que contradictoire générant un véritable préjudice d’anxiété tenant à l’inquiétude permanente générée par le fait de voir toute déclaration « experte » contrecarrée par une autre information présentée comme toute aussi « experte ». Ceci offre matière à discussion quant aux rôles des médias et à « une volonté (règle établie ?) de désormais viser uniquement le «buzz ».
Rappelons pourtant que suivant la charte d’éthique professionnelle des journalistes, « le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ; il ne peut se confondre avec la communication ».
Si la liberté de la presse et des médias est essentielle face à la désinformation, il ne faudrait pas que ces mêmes média participent d’une atteinte à la liberté d’information par un excès d’ultracrépidarianisme.

Mathieu MARTIN


Libertés H26/03/2021Editorial


Vive le sport libre !

La Fédération française de Football a annoncé le 24 mars l'arrêt des championnats amateurs. Fin février, les Fédérations de sport en salle ont lancé un cri d’alarme sur la situation de plus de 2 millions de licenciés, présents dans plus de 27 200 clubs en France, qui ne pratiquent plus de sport. Il n’y a plus de sportifs, il n’y a plus de bénévoles !
Alors que le Sport est vital, pour les corps et les âmes si meurtries en ces temps troublés, quel est ce paradoxe d’en interdire la pratique selon que l’on soit amateurs ou professionnels ?
Quelle est cette hypocrisie coupable qui pousse certains à pratiquer le Sport dans des séances clandestines ? Le Sport n’est-il pas un droit fondamental et ne devrait-on pas avoir la possibilité d’être libres de le pratiquer ?
La Charte olympique ne déclare-t-elle pas : « La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte ».
Certains pays comme le Portugal, ont garanti constitutionnellement la pratique du Sport.
En France, le pratiquer nous rappelle le temps de la prohibition. La situation actuelle nous commande de protéger la santé de chacun mais interdire à un individu d’exercer une activité sportive est une violation de ses droits fondamentaux. Notre expérience des protocoles sanitaires devrait nous amener à ne pas l’oublier, pour organiser la pratique libre du Sport !

Olivier COSTA



Libertés H19/03/2021Editorial


Dommages … !!!

Qu’avons-nous appris en un an ?
Je pense que si l’on veut pour le futur réagir, il nous faudra désormais ne plus nous contenter du désir de savoir mais faire l’effort de comprendre !
Il nous faudra accepter le complexe pour faire face aux difficultés de toutes natures auxquelles nous serons à l’avenir confrontés.
Mais sommes-nous prêts à l’effort et surtout en avons-nous envie ? Rien n’est moins sûr !
Depuis le confinement une sourde torpeur nous a saisi, et ce malgré nous, et dont nous ne savons, ou ne voulons, nous défaire.
En plagiant le poète, serait-ce une douce et dangereuse langueur monotone qui blesse nos cœurs ?
Certes, le confinement a ravagé nos désirs et nos envies, mais nous éprouvons une étrange attitude à accepter de nous laisser engourdir par ce qui nous entoure, comme s’il s’agissait d’une sorte de froid paralysant mais salvateur nous permettant d’ignorer nos maux.
De plus nous avons aussi découvert le plaisir du temps, celui de nous laisser aller à nous-mêmes en gommant nos certitudes et nos incertitudes.
Retrouvailles tranquilles avec une paix intérieure qui nous avait quitté ?
Et pourtant une question nous hante : cette redécouverte de soi est -elle un égoïsme dévoyé, ou une appréhension de nous-même ?
Quel paradoxe de voir des événements se poursuivre sans que nous ne puissions ou voulions agir ?
Curieuse attitude de les accepter, et les laisser nous envahir, et nous y soumettre tout en le regrettant, et même en culpabilisant.
Dure sensation de se voir être sans vouloir !
Et même si nous avons envie de lutter, nous craignons que cela ne soit vain parce que notre révolte pourrait demeurer, se dit-on, inutile.
Or critiquer seulement, ne peut être une manière d’exister, et nous en avons conscience !
Alors devons-nous jouir et nous réjouir de cette âme enfouie retrouvée ? Est-ce une âme en pleine santé ?
Espérons que ce doux soleil de nos croyances et interrogations nouvelles nous apporte enfin la chaleur nécessaire à nos espérances pour nous retrouver libres de comprendre, de choisir … et d’agir !

Yves BISMUTH

Libertés H05/03/2021Editorial


Big Brother is watching you !

La volonté actuelle est de limiter les informations exploitées par les plateformes numériques et de s’assurer du consentement de tout utilisateur à la collecte de ses données au nom du respect à la vie privée. Ironiquement, un décret du 11 février 2021 autorise les services fiscaux et douaniers à collecter des « contenus librement accessibles et manifestement rendus publics sur les sites internet des opérateurs de plateforme en ligne » pour notamment contrôler des inexactitudes ou omissions relevées dans une déclaration. Le fisc espère donc une plénitude de données publiées par chacun pour apprécier si une déclaration fiscale correspond avec le train de vie affiché : ne posez plus devant le joli coupé sportif de votre voisin au risque de créer une présomption de fausse déclaration… Il s’agit d’une mesure à «titre expérimental et pour une durée de trois ans » mais nous savons tous que le provisoire a souvent pour habitude de durer en France.
Comme le concluait le grillon dans la fable de Jean-Pierre Claris de Florian : « Il en coûte trop cher pour briller dans le monde. Combien je vais aimer ma retraite profonde ! Pour vivre heureux, vivons caché ».

Mathieu MARTIN

Libertés H26/02/2021Editorial


Les mots de nos maux

Avec la Covid nous sommes tous tombés dans un autre enfermement : celui des mots !
Nous employons désormais un vocabulaire où seul le confinement est présent et prégnant !
Nous nous complaisons dans la découverte de nouveaux néologismes et dans l’emploi de verbes et d’adjectifs nous ramenant en permanence à notre réclusion.
Nous avons banni de notre quotidien les mots qui nous font aimer la vie ….
Gentillesse, tendresse, câlins, baisers, rire, humour, beauté, amitiés, plaisir, évasion, ciel, oiseaux, fleurs, torrents, cascades, couleur, lune, soleil, étoiles, rivières, harmonie, joie, satisfaction, chatouille, lumière, sentiments. Et combien j’en oublie !..
Alors j’ai une proposition : Chaque jour prononcez un mot anti confinement et alors, avec ce mot, vous penserez à Elle, car la Liberté c’est le bonheur retrouvé !

Yves BISMUTH


Libertés H19/02/2021Editorial


Persévérance

Persévérance.. il n’y a pas plus beau mot pour exprimer la quête permanente des hommes pour la liberté !
Et quelle coïncidence que le nom de ce Robot soit associé a la conquête de Mars, dont le nom incarnait pour les Romains le dieu de la Guerre !
Robot de la paix a la conquête d’une planète au nom de guerre !
Coïncidence de l’époque !?
Mais Mars.. comme l’a si bien écrit Alfred de Musset:
« .. Mars
est un joli mois
c’est le mois des surprises
Du matin au soir dans
les bois
Tout change avec les brises.. »

Et le poète nous fait ainsi retrouver les odeurs de l’herbe et la caresse du vent .. la vie quoi !
Persévérance, guerre, paix, vie, liberté..
Ces mots ont une singulière résonance en ces moments…
Alors petit robot persévère pour me laisser aller dans les étoiles car comme l’a si bien écrit Jacques Prevert « le bonheur est une étoile qui me guide par tous les temps ».

Yves BISMUTH

Libertés H12/02/2021Editorial


La transparence face à l’éthique

Le droit français prévoit la protection du secret des affaires. Pourtant, les entreprises ne se sont pas encore totalement emparées du sujet. Serait-ce parce que la transparence est perçue comme plus importante que le secret ? Mais une démocratie ne risque-t-elle pas de sombrer vers un totalitarisme en refusant précisément le droit au secret. Il est urgent de ne pas confondre transparence et éthique. Qu’il s’agisse d’entreprises ou d’individus, l’éthique renvoie à la responsabilité et à la liberté. La transparence n’est pas la vérité ni la liberté, dévoyée elle aliène et déresponsabilise. Au nom de la transparence, faites ceci ou cela, peu importe que cela implique la perte de l’intelligence, et à travers elle, de la liberté et de la responsabilité. La transparence n’est pas une vertu, c’est un outil. L’éthique est une vertu. Une démocratie simplement dotée d’outils, sans vertus, perd sa conscience. La transparence sans éthique devient impudique et irrespectueuse. Le secret des affaires, les jardins secrets des individus comportent en leur sein le nécessaire équilibre permettant de réfléchir sur nos valeurs et d’en être les garants en toute responsabilité.

Olivier COSTA



Libertés H05/02/2021Editorial


Interdit au public, sauf pour Google

L’article 17 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 dispose que « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé … ».

Le Code civil en a tiré plusieurs principes allant d’une jouissance absolue de la propriété au respect de l’intimité de la vie privée, contentieux bien connu et codifié au titre « des vues sur la propriété de son voisin ».

Pourtant personne ne s’émeut des services Google Street View et surtout Google Earth qui permettent, plus qu’une fenêtre sur cour, de découvrir l’envers du décor, chez soi ou son voisin. Or, nul consentement demandé pour cette capture de l’intimité. Sa propre propriété est donc devenue un res nullius que Google peut exploiter.

Preuve en est de l’inversion de paradigme où c’est au propriétaire de demander à Google de pouvoir flouter sa propriété. Effet pervers de ce processus, le floutage isolé attire donc encore plus la curiosité… Loin de se justifier par un fondement sécuritaire, Google a imposé sa vision du monde : si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre. A suivre…

Mathieu MARTIN