Libertés H10/12/2021Editorial


La liberté de croire aux utopies

Bientôt Noël !
C’est l’occasion de se poser une question de nature métaphysique.
Faut-il encore croire au Père Noël ?
Elargissons l’interrogation. Est-il encore temps de croire à toutes les utopies.
Oui !
Comme le disait Oscar Wilde, « aucune carte du monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas. Car elle exclut le seul pays auquel l’humanité vient toujours accoster ».
Nous traversons des moments difficiles, le quotidien semblant chaque jour plus délicat à appréhender.
Mais c’est précisément à cet instant qu’il faut croire aux utopies.
Loin d’être une notion romantique voire illusoire diront certains, il faut au contraire faire de nos utopies le socle de nos actions.
C’est parce que nous refusons de nous résigner face aux événements négatifs qui nous assaillent que nous pouvons nous projeter dans l’avenir, agir et construire le futur vers lequel nous souhaitons aller.
Les utopies deviennent alors concrètes car elles permettent à nos rêves de devenir réalité.
Qu’ils s’agissent de projets personnels ou de projets professionnels, nous devons cultiver la liberté de croire aux utopies qui nous permettra d’atteindre nos objectifs.
Cela passe par une autre liberté, celle d’avoir un accès permanent au savoir, à l’éducation, à la formation.
Sans connaissance, l’utopie deviendra alors chimère.
Mais appuyée par une volonté d’apprendre, une soif de comprendre, la croyance dans les utopies nous amène à nous dépasser.
Et à faire pousser sur le terreau fertile de l’imagination, le progrès et l’innovation.


 


Olivier COSTA

Libertés H06/12/2021Editorial


50 ans déjà !

A celui qui m'aurait dit, le 6 Décembre 1971, que je serais Avocat pendant un demi-siècle, je lui aurais ri au nez.
Et pourtant…Avocat !
Ce mot résonnait en moi comme un espoir inatteignable quand, jeune collégien, aux côtés de mon père, j'assistais aux audiences et buvais les paroles des hommes et des femmes en robe noire qui plaidaient.
Avocat, robe, défense : ces trois mots restent indissolublement liés, et ont traversé le temps et les âges depuis si longtemps que mon demi-siècle n'est rien !
Mais il demeure que je suis fier d'avoir exercé toutes ces années passées.

Alors oui ! Avocat ! Quel beau métier qui rime avec ce mot si fort : Liberté !
 


Yves BISMUTH

Libertés H19/11/2021Editorial


Loi de Brandolini

Le 10 janvier 2022, soit 3 mois avant le premier tour des élections présidentielles, sera à nouveau « actif » le mécanisme de la loi relative à la lutte contre la manipulation de l'information en matière d’élection générale. En effet, au regard de l'intérêt général attaché à l'information éclairée des citoyens en période électorale, et à la sincérité du scrutin, une réglementation plus stricte s’applique durant cette période et notamment une possibilité d’agir en référé contre la diffusion sur les réseaux de fausses allégations ou imputations inexactes ou trompeuses, d'un fait de nature à altérer la sincérité du scrutin. Si l’intérêt de cette loi est louable, elle amène en même temps à conclure qu’un électeur n’a donc pas besoin d’être « éclairé » plus de 3 mois avant un scrutin. Ceci rend donc d’autant plus interrogateur sur la sincérité des sondages actuels, face aux multiples « fake news » diffusées sur les réseaux.
Pourquoi donc limiter la désinformation en période électorale uniquement, connaissant les ravages qu’une fausse information peut générer ? En effet, n’oublions pas que suivant la loi de Brandolini « the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it»

Vivement le 10 janvier 2022 que nous soyons à nouveau « éclairés » !

Mathieu MARTIN

Libertés H05/11/2021Editorial


Je fais ce que je veux ! Eh bien non !

Petit rappel plus que nécessaire par les temps qui courent.
En l’an 1789, le 26 août, quelques auteurs éclairés ont rédigé un texte appelé à connaître une grande destinée, la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.

Cette déclaration comporte un article 4 qui dispose :
“La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits”.

Or, il suffit de lire la presse quotidienne pour s’apercevoir que certains pensent pouvoir transformer cet article en un piètre «ma liberté est sans limite, je fais ce que je veux ».
Jusqu’à ce que bien sûr, un autre individu ne vienne, au nom de sa propre liberté, empiéter sur celle des ceux qui croient que la leur est sans limite.
Avons-nous à ce point perdu toute mesure et le sens commun indispensables au rejet de l’anarchie et de la loi du plus fort ?
Être citoyen dans une démocratie nous oblige.

C’est une rude exigence qui ne doit céder à aucun compromis sous peine de voir flétrir nos libertés.

Olivier COSTA



Libertés H29/10/2021Editorial


Qu’est-ce qu’une vie sans secret ?

Avoir un secret c’est protéger un trésor, joyau dont on se pare comme le plus beau des bijoux.
Partager le secret de l’autre c’est entrer dans son intimité tout en lui prouvant sa fidélité.
Ainsi le secret s’inscrit dans le sens de notre existence au plus profond de nous-même.
Il nous est tellement essentiel que l’on a reconnu à certains d’entre nous le droit d’en être les détenteurs sans l’obligation de le révéler !
Pouvoir exorbitant quand il se heurte à la défense de la Société ou se trouve en contradiction avec la Morale ou la loi pénale !?
Le secret pour l’Avocat, a écrit Yves BOT, est la rencontre d’une conscience et d’une confiance.
Mais le secret c’est aussi une condition du respect de la vie privée. C’est aussi respecter la souffrance de la confidence et savoir rester digne de la confiance accordée.
Un secret devrait rester enfoui mais il se heurte maintenant à une forte archéologie de la transparence dont la dictature nous devient insupportable.
Car si on dévoile un secret on accède à la même nudité de l’âme que celle ou celui que l’on a trahi.
Et comme Phèdre peut-on « laisser gémir la vertu soupçonnée » ?
On confesse ou on avoue un secret et on est déjà là dans le domaine de la culpabilité.
Et quand on n’a aucun secret c’est qu’on n’a rien à cacher … Culpabilité encore !
Laquelle solution choisir ?
L’obligation au secret existe-t-elle encore, quand le violer est la condition de la réparation ou/et de la cessation d’un crime ou d’une injustice.
Oui le secret est une obligation à se taire, mais alors la loi doit-elle imposer ou autoriser la révélation ?
Le secret doit-il subir la loi de l’attraction de la Loi ou rester en apesanteur de l’ordre du Droit lequel, dans certains cas, impose la révélation du secret.
Le secret devient ainsi inférieur à la règle légale qui est pourtant variable dans le temps et dans l’espace ?
Terrible interrogation !
Peut-on trahir un secret au risque de se perdre et d’aboutir ainsi à une forme de renoncement de soi ?
Doit-on toujours protéger le détenteur d’un secret à ne jamais le livrer, nanti de la confiance de celui qui le lui l’a confié ?
Après la liberté de dire, allons-nous aussi perdre celle de ne rien dire ?

Je ne vous dirai pas ce que je pense… c’est un secret.

Yves BISMUTH



Libertés H22/10/2021Editorial


Humour, toujours !

La Cour Européenne des Droits de l'Homme dans son célèbre arrêt HANDYSIDE c. Royaume-Uni du 9 décembre 1976 rappelait que son rôle lui commande de prêter une extrême attention aux principes propres à une “société démocratique” et jugeait ainsi : « La liberté d'expression constitue l'un des fondements essentiels de pareille société, l'une des conditions primordiales de son progrès et de l'épanouissement de chacun (…). Elle vaut non seulement pour les “informations” ou “idées” accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l'État ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels il n'est pas de “société démocratique »

Préservons donc cette liberté d’expression, dont seule la loi peut fixer les limites, et ne cédons jamais aux sirènes de la morale.

« La meilleure preuve que l'humour est une forme d'intelligence, c'est que ça énerve les abrutis ». (Julien Lorcy).

Mathieu MARTIN



Libertés H08/10/2021Editorial


Lettre à Xavier


Mon Cher Xavier,

Loin de nos frontières, et sur une justification faussement louable, de tes 4 roues tu parcours Singapour pour détecter des comportements sociaux indésirables.
Tes inventeurs, en te donnant un prénom amical, ont voulu réduire la nécessité de patrouilles physiques, ton œil relié à une vidéo dotée d’une intelligence artificielle te permettant de transmettre toute alerte à un centre de commande central.
Mais sais-tu ce qui est fait de ces données faciales ? Te crois-tu digne, avec tes petites connexions neuronales, d’appliquer la loi pénale ?
Nous ne nous croiserons sûrement pas, et cela m’est bien égal.
Ici en Europe, même si ce n’est pas idéal, nous ne t’octroierons jamais le droit de nous imposer des obligations légales. Le Parlement européen, le 6 octobre 2021, a pris une résolution demandant à la Commission d’éviter de tels desseins.
Et rappelle-toi, Robocop et Judge Dredd ne sont pas restés dans les annales. Même HAL a fini bien mal.
Alors, j’ai hâte que l’on te déconnecte de toutes tes fonctions vitales et voilà, en appelant le Poète, ce que j’écrirai sur ta pierre tombale : « Le progrès: trop robot pour être vrai » - Jacques Prévert -


Mathieu MARTIN


Libertés H01/10/2021Editorial



La liberté de se déplacer.

La crise historique que nous traversons a mis en lumière un mouvement initié il y a déjà plusieurs années qui tend à culpabiliser les déplacements internationaux qu’il s’agisse de voyages d’agréments ou de voyages professionnels.
Plus particulièrement stigmatisé, le secteur aérien est soumis aux pressions conjuguées de la pandémie et des impératifs environnementaux. Chacun a sa propre opinion.
Mais au-delà de ces avis, des questions se posent :
Peut-on lutter contre les besoins (intellectuels, culturels, économiques, familiaux, …) de voyages de l’être humain ?
Peut-on parler de relations internationales en se contentant de relations locales ?
La réponse est sans aucun doute négative.
Rappelons la rédaction inégalée de l’article 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 :
« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »
La liberté d’aller et venir, la liberté de voyager est un droit fondamental. Mais il peut de par la Loi, connaître des limites.
Claude Lévi-Strauss, dans « Tristes Tropiques“, alertait déjà sur les abus liés aux voyages.
«Voyages, coffrets magiques aux promesses rêveuses, vous ne livrerez plus vos trésors intacts. Une civilisation proliférante et surexcitée trouble à jamais le silence des mers. »
Mais il serait illusoire et dangereux de considérer que nous pourrons sauver la planète en imposant à l’Homme de se replier dans sa caverne.
Il voudra toujours en sortir pour s’élever. Cessons d’opposer les dogmes, utilisons la Loi à bon escient, et n’oublions pas le besoin vital de l’Homme de voyager.
Dès lors, c’est à l’intelligence humaine d’agir à travers la recherche et le développement, l’innovation, pour concilier la nécessité de se déplacer avec la préservation de l’environnement en évitant les spectres de la moralisation et de la culpabilisation.

Olivier COSTA



Libertés H24/09/2021Editorial



« La liberté, pour quoi faire ? » - Lénine -

La trilogie républicaine est –elle encore d’actualité ?

Quand on veut faire taire celui ou celle qui ne pense pas comme vous, peut-on parler de Liberté ?

Quand on veut que la couleur de peau devienne le signe distinctif, peut-on parler d’Egalité ?

Quand on veut privilégier uniquement ceux qui sont dans votre communauté, peut-on parler de Fraternité ?

Il semblerait que la radicalité impose la norme de demain.

Le désir d’intransigeance et celui d’ostraciser son prochain seraient-ils le futur qui nous attend ?

Quand on parle de pureté ou de souillures, les mots ne sont pas neutres et semblent vouloir nous faire revenir à l’Inquisition.

Comment un Citoyen peut-il accepter la servitude à une seule pensée, qui, pour ne plus être critiquée veut s’imposer comme une croyance ?

La Liberté ne peut s’exercer si on ne peut discuter la pensée de l’autre pour l’accepter ou la rejeter.
L’Egalité ne peut et ne doit être régie que par le Droit.
La Fraternité doit rester consubstantielle de l’altérité.

Craignons cet abandon de notre trilogie républicaine au risque de voir renaitre de nouveaux Torquemada !

« La pire menace pour la Liberté n’est pas qu’on se la laisse prendre, - car ce qui s’est laissé prendre peut toujours se reconquérir - , c’est qu’on désapprenne de l’aimer ou qu’on ne la comprenne plus » a dit Georges BERNANOS.

Yves BISMUTH


Libertés H17/09/2021Editorial


Liberté et innovation


La rentrée 2021 a ceci de particulier qu’elle fait suite à une période de crise sanitaire inédite qui a bouleversé tous nos repères.
Les paradoxes en sont d’autant plus grands.
Parmi ceux-ci, force est de constater que nous avons atteint un niveau de performance technologique incomparable en même temps qu’un flagrant désamour pour les progrès techniques et un rejet d’une certaine partie de nos sociétés pour les solutions scientifiques.
L’illustration parfaite nous en est donnée par le débat sur la vaccination ou celui portant sur le tourisme spatial réservé pour l’instant à quelques milliardaires à l’aune d’une nécessaire prise de conscience climatique dont l’absence atteint en premier lieu les plus démunis.
Se pose dès lors la question suivante : l’innovation nous rend-elle libre ou nous asservit-elle ?
L’innovation a toujours suscité des craintes notamment au regard de ses conséquences sur l’emploi.
Mais en tant que telle l’innovation est neutre, c’est l’usage qu’on en fait qui la rend positive ou négative.
Bien utilisée et surtout partagée, l’innovation permet la croissance en améliorant la productivité, en créant plus de richesse avec moins de travail et de ressources.
Ce qui permet de dégager du temps et des moyens pour d’autres activités.
Mal utilisée, l’innovation perturbe les sociétés qui ont tendance à privilégier une forme d’attentisme plus faussement sécurisante.
Mais pouvons-nous nous passer d’innovations ? Certainement pas.
L’innovation libère les idées, les projets, et améliore les conditions de vie.
L’essor des nouvelles technologies auxquelles nous faisons face, l’informatique quantique, l’accès facilité à l’espace, l’intelligence artificielle, la santé numérique et bien d’autres, est une grande source d’opportunités.
Nos nouvelles façons de travailler, notre agilité, nos modèles de gouvernance plus autonomes, sont dus aux innovations qu’elles soient d’ailleurs technologiques ou sociales.
L’innovation conduit à la liberté, la liberté permet d’innover.
Gardons cela à l’esprit pour créer en cette rentrée 2021, un dynamisme salvateur.

Olivier COSTA

Libertés H10/09/2021Editorial


PASS ton tour !

Le pass sanitaire, est le sujet de toutes les discussions, terrasses des cafés incluses, à condition d’avoir ledit sésame. Mais est-il une atteinte à la liberté ? Cette dernière, se définit par l’existence de limites et contraintes. L’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme du Citoyen de 1789 dispose : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Au niveau européen la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés nous rappelle que l’ingérence d'une autorité publique dans la vie privée peut se justifier, lorsqu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la protection de la santé et des droits d’autrui. Ainsi, si la liberté, notamment de pensée et d’opinion doit rester libre et éclairée, la « dictature » et autres outrances opposées par certains pourraient apparaitre comme la remise en cause même d’une société démocratique. La liberté n’est pas seulement un droit individuel mais un bien précieux que nous devons partager et protéger de manière collective. C’est le contrat social, cher à Rousseau. Tout débat ne peut donc s’inscrire que sous ce prisme. Ne galvaudons donc pas la notion d’atteinte à la démocratie. Pour ceux qui ne partagent pas cette vision, et ils doivent reconnaitre la chance de bénéficier de ce droit, quelques exemples de l’actualité internationale pourront nourrir leur réflexion : La situation actuelle en Afghanistan ou la nouvelle loi sur les données personnelles chinoise, faux nez d’une protection individuelle qui renforce encore plus le pouvoir de l’Etat chinois. Mais nous, nous sommes encore libres d’en débattre !

Mathieu MARTIN


Libertés H16/07/2021Editorial


Ce n’ « espace » que tu crois

Chose assez inhabituelle, des milliardaires américains sont à l’heure actuelle en train de remettre au goût du jour une vraie question juridique que les Comités des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique des Nations unies n’ont pas encore réussi à solutionner : où commence l’espace extra-atmosphérique, soit plus simplement l’espace ?
Richard BRANSON n’aurait atteint « que » 90 kms d’altitude, soit 10kms de moins que ce qui est reconnu internationalement (bien que non consacré par un traité) comme étant la frontière avec l’espace soit 100 Kms au-dessus du niveau de la mer, comme le définit le principe de la ligne de KARMAN.
Jeff BEZOS annonce pour sa part un « vrai » vol spatial, comme Elson MUSK. La prouesse reste fascinante mais va poser, à moyen terme, un certain nombre de questions sur la réglementation renforcée d’un espace que l’on pouvait encore croire comme la chose de tous, et quasiment inaccessible par le commun des mortels. Des lois existent déjà, dont la loi n° 2008-518 du 3 juin 2008 relative aux opérations spatiales. Saurons-nous dès lors préserver les intérêts de chacun et éviter une souveraineté spatiale au bénéfice de quelques acteurs ? Pour y répondre, nous vous donnons rendez-vous pour notre H n°2500 qui traitera des conflits de voisinage sur Mars.

Mathieu MARTIN


Libertés H09/07/2021Editorial


La création artistique et la liberté

L’ouverture du 74ème Festival de Cannes nous donne l’occasion de nous interroger sur la place de la création artistique dans nos libertés.

Au-delà du seul prisme économique, la crise épidémique que nous traversons a fissuré nos certitudes et nos habitudes.
Si le simple fait d’aller au Cinéma constituait un loisir, la privation « d’aller se faire une toile » a remis en perspective le caractère fondamental de la création artistique dans notre cheminement vers la liberté.
Sans liberté de déplacement, il n’y a plus de création artistique. Et sans création artistique, la société se voit amputer d’une très grande part de liberté.
La Convention de 2005 de l’UNESCO énonce à juste titre que la diversité culturelle ne peut être protégée et promue que si les droits de l’homme et les libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, d’information et de communication, ainsi que la possibilité pour les individus de choisir les expressions culturelles, sont garantis.
Ne galvaudons pas ou plus, l’importance de la création artistique quel que soit l’art en question.
Grâce à la création artistique, l’être humain se dote d’une culture plus forte, d’une capacité à assumer ses passions, il devient plus intelligent et plus subtil, ce qui lui permet d’aspirer à la liberté.
Après avoir vu nos libertés être amputées, qu’il est donc bon de retrouver à nouveau des spectateurs dans les salles obscures pour célébrer le septième art et retrouver une autre part de liberté. Septième art et liberté ont d’ailleurs en commun de renvoyer à des notions philosophiques. On doit ainsi à Hegel le classement des arts majeurs.
En 1923, un critique de cinéma italien vivant à Paris, Ricciotto Canudo, a publié le Manifeste des sept arts. Il attribua au cinéma la 7ème place, estimant qu’il s’agissait de l’art le plus avancé comprenant le langage, le son, l’image, le mouvement et l’interactivité.
Cette définition permet de mieux comprendre la force du 7ème art dans l’expression de la liberté. La création artistique devient alors un puissant levier pour notre liberté.
Pensez-y lors de votre prochaine séance et rappelez-vous les films les plus marquants de votre histoire personnelle qui ont forgé votre conscience et votre désir de liberté !

Olivier COSTA


Libertés H25/06/2021Editorial


Toute ressemblance avec des personnes existantes n'est pas fortuite.

Nous connaissons tous les mesures provisoires qui deviennent définitives et les exceptions érigées en principe. Se pose désormais la question de savoir si nous n’allons pas franchir le Rubicon en matière d’Intelligence Artificielle (IA). En effet le projet de règlement européen concernant l’IA, publié le 21 avril, pose pour principe l’interdiction d'utilisation de systèmes d'identification biométrique à distance « en temps réel » dans des espaces accessibles au public, à des fins répressives. Ces deux lignes rassurantes sont cependant suivies d'un « sauf » qui précise, sur 1,5 page, différentes exceptions, notamment, en matière de détection, localisation, identification et poursuite d’un auteur ou suspect d'une infraction pénale. Si certains motifs pourraient apparaître légitimes (crimes, terrorisme), le texte est applicable dès commission d’une infraction punissable d'une peine d'emprisonnement d'au moins trois ans (comme le vol d’une orange en France). Si ce texte doit encore être débattu, les régulateurs européens en matière de protection des données s’opposant d’ores et déjà à ces dispositions, il reste que le sujet n'est désormais plus tabou. Espérons que la fiction dépasse toujours la réalité.

Mathieu MARTIN

Libertés H29/01/2021Editorial


Déni et Défi
Qui peut nier que l’État est de plus en plus dénié!
Face à ce déni l’État a opposé un défi : Changer les paradigmes Républicains en obligeant le citoyen à substituer la santé à la liberté.
Quelles sont alors les conséquences ?
Dénier l’état c’est à la fois contester son autorité et sa légitimité.
Quelle réponse a eu alors l’État si ce n’est s’opposer au déni par le défi.
Défi de faire croire que la démocratie doit s’incliner pour voir triompher une forme de tyrannie parée de son efficacité.
Défi de faire accroire que la vie n’est rien puisque la mort est tout.
Défi de privilégier la connaissance présumée sur la légitimité élective.
Défi d’ébranler la trilogie républicaine puisque au nom de la fraternité et de l’égalité on met a mort les libertés.
Mais le danger de ce Défi c’est qu’il est une invitation au combat pour vouloir les retrouver.
Ainsi pour l’Etat vouloir défier c’est encore plus se voir dénié !
Il est grand temps de voir ainsi disparaître déni et défi pour que le refus des deux permette d’espérer un futur apaisé.

Yves BISMUTH


Libertés H18/06/2021Editorial


Liberté d’influence, êtes-vous influenceur ou influencé ou bien les deux ?

Tout commence par une scène d’apparence anodine de quelques secondes.
Le fameux joueur de football portugais Cristiano Ronaldo, a déplacé en conférence de presse, des bouteilles de Coca-Cola hors du champ des caméras pour les remplacer par de l’eau.
L’emballement sur les médias et les réseaux sociaux a été tel que l’action du groupe Coca-Cola, pourtant sponsor officiel de l’Euro, a chuté, entraînant une perte de sa capitalisation boursière de quatre milliards de dollars.
Dès lors une question se pose au travers du rôle des « influenceurs » devenus prétendument plus importants que des prix Nobel !
Sommes-nous libres de toutes influences ou libres d’être influencés ?
Plusieurs éléments complexes entrent en jeu dans l’élaboration de nos opinions comme notre éducation, notre parcours professionnel, nos relations sociales, notre environnement économique…
Mais dans nos actions, quel est la part de déterminisme, d’influence et de libre arbitre.
Notre désir de consommation qui se traduit majoritairement par une volonté de positionnement social est conditionné par nos affects.
Notre raison est-elle suffisamment forte pour lutter contre un inconscient qui pousse à vouloir imiter les comportements d’autres ?
Dans une époque où la notion du temps est totalement perturbée, où l’accélération croit de manière exponentielle, prenons-nous le temps de nous interroger sur notre liberté aux regards des influences extérieures si puissantes.
Décidons-nous réellement en toute conscience d’être influencés, ce qui est notre liberté ?
Ou bien avons-nous perdu cette fameuse liberté pour nous retrouver finalement dans une situation d’aliénation face aux influenceurs ?
Ce qui demeure important, c’est le choix et le libre-arbitre éclairés et assumés.

Olivier COSTA

Libertés H11/06/2021Editorial


Dystopie ?

Les Morlocks sont de retour, mais pourront-ils coexister avec les Eloïs ?
Le masque était rassurant, retrouverons-nous le plaisir de l’autre ou continuerons-nous à le considérer comme un ennemi ?
L’Europe a fait Schengen, et maintenant s’instaure le passeport vaccinal reconnaissant une nouvelle catégorie d’individus : les étrangers à la santé !
La nouvelle religion sera la digitalisation, notre possibilité d’exister sera dorénavant conditionnée par notre QR Code !
On a raillé la recherche pour la France d’une identité, jusqu’à la qualifier comme malheureuse, alors que l’on se précipite maintenant de prôner l’identité numérique pour la considérer comme la seule heureuse.
Le post humanisme sera-t-il le vainqueur de la pandémie ?
La liberté devient-elle un surplus de l’humanité et s’en défaire ne plus être une impossibilité majeure.
Devrons-nous accepter que le tout pouvoir numérique entre les mains de quelques-uns, leur permette de décréter le bannissement ou l’indignité de ceux qui leur sont contraires ?
Craignons que notre époque ne soit une inversion des paradigmes !
Alors que le principe est, qu’il y a un caractère irréversible à une liberté conquise, nous assistons maintenant au caractère irréversible d’une servilité acceptée.
Le monde de la surveillance a-t-il définitivement remplacé celui de la bienveillance ?

Yves BISMUTH


Libertés H04/06/2021Editorial


Culture contre désinformation ….

Il vient d’être annoncé la création d’une Agence de lutte contre les manipulations de l'information. Cette agence, qui sera directement rattachée au secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale, et qui pourrait apparaitre comme un nouvel arsenal de cyberguerre, aura pour objet de lutter contre les manipulations de l'information en provenance de l'étranger visant à “déstabiliser l'Etat”. Sont donc ici visés, sans les nommer, les électeurs et donc les citoyens. Si l’initiative est louable, elle est aussi l’aveu d’une certaine impuissance des medias et des citoyens à désormais qualifier de vraie ou « fake » une information. Les journalistes semblent avoir découvert le « fact checking », qui n’est autre que la vérification des faits, ce qui est de l’essence même de leur métier… Quant aux citoyens, si une vraie liberté d’information est nécessaire, peut être devrions nous aussi nous interroger sur un renforcement de la culture, qui demeure la meilleure arme contre la désinformation.
Comme l’indique l’artiste Maxime GRALET :
« La culture est une arme de paix ».

Mathieu MARTIN


Libertés H28/05/2021Editorial


Liberté de commerce ou magnificence du sport, quand la raison l’emporte sur la passion !

Le conflit récent ayant opposé et qui oppose encore, des sanctions étant encore possibles, les clubs de football désireux de créer une Super league privée et l’UEFA, soucieuse de promouvoir son sport auprès du plus grand nombre tout en conservant son monopole sur les compétitions sportives, nous entraine vers des réflexions quasi métaphysiques.
S’oppose en effet le principe de la liberté du commerce qui permet de comprendre que des entrepreneurs soient soucieux de rentabiliser leurs investissements, à la magnificence du sport, concept irrationnel virant au passionnel.
Dans le premier cas, il est question de performances, de planification, de retour sur investissements, de maitrise des risques, d’arbitrage vidéo pour éviter les injustices qui ont des impacts financiers, qui marquent un bilan et un compte de résultat.
Dans le second, il est question d’instant présent, d’émotions brutes, de pleurs d’enfants face à une injustice flagrante à cause d’une main, d’honteux émerveillements à cause d’une autre main, qui façonnent des souvenirs qui marquent une vie.
A une vision millimétrée mais pourtant nécessaire pour s’insérer dans un système économique faisant vivre des millions de personnes, répond une énergie libératoire encore plus nécessaire aujourd’hui qu’hier.
L’absence de courage dans la prise de décision, la volonté de l’UEFA de concilier des pôles totalement éloignées, le dévoiement des compétitions vers plus de profits et moins de ressentis, est en train de transformer le sport le plus populaire en un système juridico-économique indigeste.
Est-ce à l’image de la société qui tend à normaliser à l’extrême chacun de ses pans en niant l’intelligence individuelle et le libre arbitre ?
Est-ce le sens de l’histoire qui voit des empires économiques prendre le pas sur les Etats ?
La culture européenne du sport repose sur le mérite et non la performance financière.
Les Etats comme les individus devraient s’en inspirer.

Comme le chantent si bien les supporters de Liverpool «You’ll Never Walk Alone ».

Olivier COSTA

Libertés H21/05/2021Editorial


Révolte ? …


« Vous connaitrez la vérité et la vérité vous affranchira.» (Jean 8 : 31 – 32)
On ne pourra continuer longtemps à mépriser la vérité et prôner le déni.
Mais le déni prend aussi la forme permanente d’une recherche d’explications et d’interrogations, dernier refuge pour refuser d’agir.
Et on ne pourra se maintenir plus longtemps dans l’inaction !
La France entend-t-on est un pays où de plus en plus on se sent mal.
Mais ce cri de colère ne suffit plus !
Et ce sentiment n’a plus besoin d’être expliqué, mais d’être résolu !
Il suffit d’entendre à longueur de journée les explications des uns et des autres, les querelles de mots ne peuvent être indéfiniment le rempart de la peur de faire.
Ce à quoi nous assistons, et je dirais même que nous endurons, ne nous va pas ! Un point c’est tout !
Nous ne voulons pas accepter la catastrophe qui se prépare et commençons même à nous interroger sur notre lâcheté de ne rien faire pour l’éviter et nous défendre.
Nous ne voulons plus de ce Munich de la pensée qui nous fait préférer la paix à la liberté et nous ressentons que nous ne pouvons plus accepter cette croissante médiocrité.
Et nous nous interrogeons sur ce que doivent être nos actions !
Sommes nous en train de nous préparer à un pire que nous redoutons, et qui pourrait apparaitre comme la solution ?
Terrible pensée que nous mesurons ! …
Et tout cela pourquoi ?
Parce que :
Nous ne pouvons plus accepter cette compassion qui devient l’aliment et l’excuse de la bassesse et de la servilité des comportements.
Nous ne pouvons plus accepter d’assister sans rien dire au malheur des autres tout en craignant l’arrivée du nôtre.
Nous ne pouvons plus accepter de devenir des incroyants de la liberté.
Nous ne pouvons plus accepter d’être devenus des infirmes de l’amour de la France.
Nous ne pouvons plus accepter d ’être considérés comme des administrés dénués de toute pensée, et d’être infantilisés.
Nous ne pouvons plus accepter les dictateurs du bien, et comme disait Albert CAMUS : « Nous étouffons parmi les gens qui pensent avoir absolument raison ».
Nous ne pouvons plus accepter l’absurde des décisions et des sempiternelles fausses solutions.
Nous ne pouvons plus accepter que la violence prenne le pas sur la souffrance au risque de voir un jour la vengeance l’emporter sur le droit.
Nous ne pouvons plus accepter que le spirituel veuille tout dominer et voir ainsi nier la laïcité.
Nous ne pouvons plus accepter une servitude de la pensée unique et devenir les esclaves consentants d’une inhumanité.
Comme disait BAINVILLE : « Il n’y a rien de plus dangereux que le simulacre de l’action ».
Alors Osons !
Osons dire que la sécurité est la condition du bien-être !
Osons dire que le savoir et le pouvoir s’affaissent en s’agenouillant devant les déconstructeurs !
Osons dire que nous n’en pouvons plus du prêt à penser et que nous sommes fiers d’être français !
Osons dire que nous sommes prêts à mourir pour défendre notre Patrie et nos libertés !
Osons dire que la France a une histoire qui fait sa grandeur et son génie, sans l’obliger à une perpétuelle repentance !
Sortons de notre silence et disons Non !
Georges BERNANOS avait publié en 1943, dans la clandestinité, un livre magistral, et tellement d’actualité, qui s’intitulait « Où allons-nous ? »
Il n’est plus temps maintenant de continuer à s’interroger mais d’affirmer : « Nous ne voulons pas y aller ! ».
Alors oui Osons !
Osons dire comme l’écrivain que la France si elle venait à manquer définitivement au Monde, le corps du Monde fléchirait.
Osons dire avec Victor HUGO que « l’âme française est plus forte que l’esprit français » !
Osons dire que s’il y a une foi à partager, c’est la foi en la France, et dire qu’il nous faut l’aimer.
Osons la liberté de penser pour retrouver celle d’agir !

La France ne peut demeurer ce Bateau Ivre « où toute lune est atroce et tout soleil amer »…

Craignons de ne pas entendre les cris sourds d’un pays à la peine !
Craignons que le peuple confronté aux mensonges entretenus n’ait plus que la Révolte pour être entendu.
Et espérons…

Yves BISMUTH



Libertés H07/05/2021Editorial


Réseau social et pluralisme d’opinion

Facebook vient de confirmer le 4 mai l’interdiction de l’ancien président américain sur son réseau social. Loin de nous interroger ici sur la personne visée, se pose la question de la portée d’une telle décision d’un acteur privé vis-à-vis d’une personne publique. Cette décision repose sur la violation de conditions d’utilisation d’un réseau privé, libre de fixer ses propres règles. C’est donc un accord conventionnel que de consentir aux règles d’un réseau. Suivant une vision strictement contractuelle, la loi des parties s’est appliquée : il n’y a donc pas lieu de dissocier que l’on soit ou non une personne publique pour être censuré sur un réseau social car il ne s’agit pas ici d’une censure sur internet, ni d’une interdiction de s’exprimer. Mais cette décision interroge face à la part prépondérante des réseaux sociaux dans l’espace médiatique, et seul média d’informations pour certains. Le risque ne serait-il pas que des règles trop strictes, voire arbitraires ou partisanes de tels réseaux n’amènent à porter atteinte à principe plus global de liberté d’expression ou d’opinion ?

Mathieu MARTIN

Libertés H23/04/2021Editorial


Allons enfants…

et si la liberté était …

de Dire qu’un Français doit aimer sa patrie, son drapeau
et chanter la Marseillaise
de Dire que l’autorité est un élément indispensable à l’éducation
de Dire qu’un délinquant commet des délits et qu’une victime les subit
de Dire que la police est indispensable à la régulation de la société
de Dire que la justice doit s’appliquer après un procès équitable et que les peines doivent être exécutées
de Dire que la prévention et la répression vont de pair
de Dire que la sécurité est un droit
de Dire que la France n’est pas raciste
de Dire que la France est une République avec des citoyens assimilés et égaux devant la loi
de Dire que la laïcité est un principe constitutionnel de notre République
de Dire qu’une Nation ne peut se construire et exister sans le respect de ses valeurs fondamentales et de sa culture
de Dire que la fraternité risque de s’épuiser confrontée aux permanents dénis de la réalité
de Dire que la démocratie repose sur le fait majoritaire et non sur la tyrannie des minorités
de Dire que la foi ne peut être supérieure à la loi
….Et si cette liberté de dire ne peut aujourd’hui exister alors nous reste celle de penser pour mieux le dire après…


Yves BISMUTH

Libertés H16/04/2021Editorial


La bourse ou les cookies !

Un débat agite la toile face à une mention suivant laquelle désormais l’accès au contenu de certains sites internet est subordonné au choix suivant : payer pour naviguer sans cookies ou y accéder gratuitement moyennant l’acceptation d’une ingurgitation de cookies. Certains y ont vu le fait de désormais devoir payer pour protéger sa vie privée, sans se rappeler que si «c’est gratuit c’est que c’est vous le produit» : cruelle naïveté que les nouvelles règles strictes en matière de cookies publicitaires ont fait ressortir.
Nous sommes désormais à la croisée des chemins du modèle économique d’Internet : s’il est légitime de protéger la vie privée, la valorisation de la création d’un contenu l’est aussi. Posons-nous d’ailleurs cette question : si l’information n’a pas de valeur, pourquoi la consulter ? Si elle en a, pourquoi refuser de la payer ?
Cette question que personne ne se pose lorsqu’il achète une revue ou un journal chez un vendeur de journaux (peu important d’ailleurs la qualité du contenu) a disparu dans le monde éthéré d’internet. Il reste donc encore à créer un vrai modèle économique d’internet respectueux des libertés mais aussi des créations de chacun.

Mathieu MARTIN

Libertés H09/04/2021Editorial


Taisez-vous !

Se taire est un droit, jamais une obligation dans une démocratie digne de ce nom.
Alors posons-nous la question : la démocratie est-elle en train de se détruire par ce qui doit normalement la nourrir : la liberté d’expression ! Non parce que celle-ci s’exerce, mais au contraire, parce que en son nom elle se restreint.
Je m’explique : à force de donner la parole à ceux qui s’inscrivent dans une stratégie de destruction de notre société, la liberté d’expression nourrit sa propre autocensure de peur d’attenter à une bien-pensance qu’elle a elle-même générée. Ainsi la liberté d’expression devient une caricature d’elle-même puisqu’elle ne réalise plus que ce qu’elle croit protéger, en définitive, la détruit. Et plus personne n’ose s’exprimer de peur d’être cloué au pilori !
La liberté d’expression est ainsi devenue l’idiot utile de la censure des minorités qui se développe en abusant de cette liberté qui nous est chère, et en la détournant en nous laissant impuissants !
Ces ennemis de la liberté finiront-ils par donner raison à Saint-Just, l’ange de la terreur, en nous obligeant à cet accès ou excès de lucidité ? Terrible question ?
Faudra-il sacrifier notre Histoire de France et nos modes de pensée au racialisme et à l’islamo gauchisme ? Car il faut le constater, le désaccord est devenu un crime de lèse bien-pensance !
Et peu à peu sous couvert de démocratie s’installe la tyrannie de ceux qui ont décidé ce que devait être le bien ! Et pour nous l’imposer, ils utilisent une forme d’oppression : nous culpabiliser afin de nous empêcher de nous exprimer ! Et c’est ainsi que peu à peu ils gouvernent nos pensées au nom de la liberté de leur expression !
Alors disons le haut et fort, il nous faut impérativement sortir de cette aboulie et reconquérir nos libertés. Ne laissons pas la démocratie, qui repose sur le fait majoritaire, abdiquer !
N’oublions jamais Tocqueville : «La tyrannie n’est rien d’autre que la démocratie se mettant en congé d’elle-même ».
Et si nous continuons ainsi, bientôt, nous ne pourrons plus lire Claude Levi-Strauss ! Tristes topiques !

Yves BISMUTH



Libertés H02/04/2021Editorial


Ultracrépidarianisme et désinformation

L’ultracrépidarianisme est l'art de parler avec assurance de ce que l'on ne connaît pas. Le contexte sanitaire a fait apparaitre une multitude d’« experts » sur les medias. On peut s’interroger sur cette profusion et ses conséquences, toute annonce ou déclaration aussi « experte » que contradictoire générant un véritable préjudice d’anxiété tenant à l’inquiétude permanente générée par le fait de voir toute déclaration « experte » contrecarrée par une autre information présentée comme toute aussi « experte ». Ceci offre matière à discussion quant aux rôles des médias et à « une volonté (règle établie ?) de désormais viser uniquement le «buzz ».
Rappelons pourtant que suivant la charte d’éthique professionnelle des journalistes, « le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ; il ne peut se confondre avec la communication ».
Si la liberté de la presse et des médias est essentielle face à la désinformation, il ne faudrait pas que ces mêmes média participent d’une atteinte à la liberté d’information par un excès d’ultracrépidarianisme.

Mathieu MARTIN


Libertés H26/03/2021Editorial


Vive le sport libre !

La Fédération française de Football a annoncé le 24 mars l'arrêt des championnats amateurs. Fin février, les Fédérations de sport en salle ont lancé un cri d’alarme sur la situation de plus de 2 millions de licenciés, présents dans plus de 27 200 clubs en France, qui ne pratiquent plus de sport. Il n’y a plus de sportifs, il n’y a plus de bénévoles !
Alors que le Sport est vital, pour les corps et les âmes si meurtries en ces temps troublés, quel est ce paradoxe d’en interdire la pratique selon que l’on soit amateurs ou professionnels ?
Quelle est cette hypocrisie coupable qui pousse certains à pratiquer le Sport dans des séances clandestines ? Le Sport n’est-il pas un droit fondamental et ne devrait-on pas avoir la possibilité d’être libres de le pratiquer ?
La Charte olympique ne déclare-t-elle pas : « La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte ».
Certains pays comme le Portugal, ont garanti constitutionnellement la pratique du Sport.
En France, le pratiquer nous rappelle le temps de la prohibition. La situation actuelle nous commande de protéger la santé de chacun mais interdire à un individu d’exercer une activité sportive est une violation de ses droits fondamentaux. Notre expérience des protocoles sanitaires devrait nous amener à ne pas l’oublier, pour organiser la pratique libre du Sport !

Olivier COSTA



Libertés H19/03/2021Editorial


Dommages … !!!

Qu’avons-nous appris en un an ?
Je pense que si l’on veut pour le futur réagir, il nous faudra désormais ne plus nous contenter du désir de savoir mais faire l’effort de comprendre !
Il nous faudra accepter le complexe pour faire face aux difficultés de toutes natures auxquelles nous serons à l’avenir confrontés.
Mais sommes-nous prêts à l’effort et surtout en avons-nous envie ? Rien n’est moins sûr !
Depuis le confinement une sourde torpeur nous a saisi, et ce malgré nous, et dont nous ne savons, ou ne voulons, nous défaire.
En plagiant le poète, serait-ce une douce et dangereuse langueur monotone qui blesse nos cœurs ?
Certes, le confinement a ravagé nos désirs et nos envies, mais nous éprouvons une étrange attitude à accepter de nous laisser engourdir par ce qui nous entoure, comme s’il s’agissait d’une sorte de froid paralysant mais salvateur nous permettant d’ignorer nos maux.
De plus nous avons aussi découvert le plaisir du temps, celui de nous laisser aller à nous-mêmes en gommant nos certitudes et nos incertitudes.
Retrouvailles tranquilles avec une paix intérieure qui nous avait quitté ?
Et pourtant une question nous hante : cette redécouverte de soi est -elle un égoïsme dévoyé, ou une appréhension de nous-même ?
Quel paradoxe de voir des événements se poursuivre sans que nous ne puissions ou voulions agir ?
Curieuse attitude de les accepter, et les laisser nous envahir, et nous y soumettre tout en le regrettant, et même en culpabilisant.
Dure sensation de se voir être sans vouloir !
Et même si nous avons envie de lutter, nous craignons que cela ne soit vain parce que notre révolte pourrait demeurer, se dit-on, inutile.
Or critiquer seulement, ne peut être une manière d’exister, et nous en avons conscience !
Alors devons-nous jouir et nous réjouir de cette âme enfouie retrouvée ? Est-ce une âme en pleine santé ?
Espérons que ce doux soleil de nos croyances et interrogations nouvelles nous apporte enfin la chaleur nécessaire à nos espérances pour nous retrouver libres de comprendre, de choisir … et d’agir !

Yves BISMUTH

Libertés H05/03/2021Editorial


Big Brother is watching you !

La volonté actuelle est de limiter les informations exploitées par les plateformes numériques et de s’assurer du consentement de tout utilisateur à la collecte de ses données au nom du respect à la vie privée. Ironiquement, un décret du 11 février 2021 autorise les services fiscaux et douaniers à collecter des « contenus librement accessibles et manifestement rendus publics sur les sites internet des opérateurs de plateforme en ligne » pour notamment contrôler des inexactitudes ou omissions relevées dans une déclaration. Le fisc espère donc une plénitude de données publiées par chacun pour apprécier si une déclaration fiscale correspond avec le train de vie affiché : ne posez plus devant le joli coupé sportif de votre voisin au risque de créer une présomption de fausse déclaration… Il s’agit d’une mesure à «titre expérimental et pour une durée de trois ans » mais nous savons tous que le provisoire a souvent pour habitude de durer en France.
Comme le concluait le grillon dans la fable de Jean-Pierre Claris de Florian : « Il en coûte trop cher pour briller dans le monde. Combien je vais aimer ma retraite profonde ! Pour vivre heureux, vivons caché ».

Mathieu MARTIN

Libertés H26/02/2021Editorial


Les mots de nos maux

Avec la Covid nous sommes tous tombés dans un autre enfermement : celui des mots !
Nous employons désormais un vocabulaire où seul le confinement est présent et prégnant !
Nous nous complaisons dans la découverte de nouveaux néologismes et dans l’emploi de verbes et d’adjectifs nous ramenant en permanence à notre réclusion.
Nous avons banni de notre quotidien les mots qui nous font aimer la vie ….
Gentillesse, tendresse, câlins, baisers, rire, humour, beauté, amitiés, plaisir, évasion, ciel, oiseaux, fleurs, torrents, cascades, couleur, lune, soleil, étoiles, rivières, harmonie, joie, satisfaction, chatouille, lumière, sentiments. Et combien j’en oublie !..
Alors j’ai une proposition : Chaque jour prononcez un mot anti confinement et alors, avec ce mot, vous penserez à Elle, car la Liberté c’est le bonheur retrouvé !

Yves BISMUTH


Libertés H19/02/2021Editorial


Persévérance

Persévérance.. il n’y a pas plus beau mot pour exprimer la quête permanente des hommes pour la liberté !
Et quelle coïncidence que le nom de ce Robot soit associé a la conquête de Mars, dont le nom incarnait pour les Romains le dieu de la Guerre !
Robot de la paix a la conquête d’une planète au nom de guerre !
Coïncidence de l’époque !?
Mais Mars.. comme l’a si bien écrit Alfred de Musset:
« .. Mars
est un joli mois
c’est le mois des surprises
Du matin au soir dans
les bois
Tout change avec les brises.. »

Et le poète nous fait ainsi retrouver les odeurs de l’herbe et la caresse du vent .. la vie quoi !
Persévérance, guerre, paix, vie, liberté..
Ces mots ont une singulière résonance en ces moments…
Alors petit robot persévère pour me laisser aller dans les étoiles car comme l’a si bien écrit Jacques Prevert « le bonheur est une étoile qui me guide par tous les temps ».

Yves BISMUTH

Libertés H12/02/2021Editorial


La transparence face à l’éthique

Le droit français prévoit la protection du secret des affaires. Pourtant, les entreprises ne se sont pas encore totalement emparées du sujet. Serait-ce parce que la transparence est perçue comme plus importante que le secret ? Mais une démocratie ne risque-t-elle pas de sombrer vers un totalitarisme en refusant précisément le droit au secret. Il est urgent de ne pas confondre transparence et éthique. Qu’il s’agisse d’entreprises ou d’individus, l’éthique renvoie à la responsabilité et à la liberté. La transparence n’est pas la vérité ni la liberté, dévoyée elle aliène et déresponsabilise. Au nom de la transparence, faites ceci ou cela, peu importe que cela implique la perte de l’intelligence, et à travers elle, de la liberté et de la responsabilité. La transparence n’est pas une vertu, c’est un outil. L’éthique est une vertu. Une démocratie simplement dotée d’outils, sans vertus, perd sa conscience. La transparence sans éthique devient impudique et irrespectueuse. Le secret des affaires, les jardins secrets des individus comportent en leur sein le nécessaire équilibre permettant de réfléchir sur nos valeurs et d’en être les garants en toute responsabilité.

Olivier COSTA



Libertés H05/02/2021Editorial


Interdit au public, sauf pour Google

L’article 17 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 dispose que « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé … ».

Le Code civil en a tiré plusieurs principes allant d’une jouissance absolue de la propriété au respect de l’intimité de la vie privée, contentieux bien connu et codifié au titre « des vues sur la propriété de son voisin ».

Pourtant personne ne s’émeut des services Google Street View et surtout Google Earth qui permettent, plus qu’une fenêtre sur cour, de découvrir l’envers du décor, chez soi ou son voisin. Or, nul consentement demandé pour cette capture de l’intimité. Sa propre propriété est donc devenue un res nullius que Google peut exploiter.

Preuve en est de l’inversion de paradigme où c’est au propriétaire de demander à Google de pouvoir flouter sa propriété. Effet pervers de ce processus, le floutage isolé attire donc encore plus la curiosité… Loin de se justifier par un fondement sécuritaire, Google a imposé sa vision du monde : si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre. A suivre…

Mathieu MARTIN